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Samizdat

Les ornières de l'esprit.





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Paul Gosselin

Un des mythes modernes les plus répandus c'est le scientifique objectif, qui doute de tout et qui ne prend rien pour acquis. T. S. Kuhn, un physicien américain a publié en 1962 un essai fort intéressant sur l'histoire des sciences intitulé La structure des révolutions scientifiques. Dans cet essai, il remet en question ce mythe du scientifique toujours critique et objectif. Tel que l'envisage Kuhn, la science comporte une certaine façon de voir le monde qu'on appel un paradigme (ou théorie scientifique). Lorsqu'un nouveau paradigme s'est installé et qu'elle est largement acceptée par la communauté scientifique, l'activité normale à laquelle se consacrent la majorité des scientifiques est un travail de défrichage ou de mise en ordre. Kuhn décrit cette forme de science de la manière suivante (1970: 40):

Ce que Kuhn appel donc la science normale est un travail quelque peu banal de tri des données ou de mise en ordre partant (consciemment ou non) des présupposés que fourni la théorie en vogue. Un peu comme le port de verres de couleur rose peut affecter tout ce que l'on voit, l'imposition d'un paradigme peut affecter ce que voient ou ne voient pas les scientifiques. Dans de telles conditions certaines anomalies seront ignorés. L'essai qui suit veut explorer les conséquences de quelques anomalies connues depuis un bon moment et leurs conséquences touchant la question de l'âge de la Terre.

À l’époque plus pittoresque où les gens se promenaient avec des calèches tirées par des chevaux, les routes pavées étaient chose rare. Par temps humide les voitures qui passaient sur de tels chemins creusaient de profondes ornières dans les chemins de terre (devenues de la boue) et plus tard lorsque le tout avait séché, ces ornières demeuraient. Ceux qui voyageaient par la suite étaient confrontés alors avec un certain inconvénient. Ces ornières, en quelque sorte, emprisonnaient les roues des voitures des voyageurs. S’ils voyageaient dans le même sens que ceux qui les avaient précédés (par temps humide), pas de problème. Mais s’ils devaient emprunter le même chemin pour un moment pour ensuite en prendre un autre, là une difficulté réelle se présentait, car il fallait un effort considérable afin de quitter l’ornière qui avait été creusé par ceux qui ont passé auparavant. Il était toujours plus facile de rester sur le chemin battu que de s'en éloigner.

Touchant la question des origines, sur le plan métaphysique il y a aussi des ornières. Ces ornières de l’esprit ce sont les chemins conceptuels empruntés par les grandes institutions sociales et, à leur suite, des millions d’individus. Et dans l’esprit d’une culture il se creuse alors de très profondes ornières qui guident tout autant la pensée de la personne moyenne que celle des élites. Dans une culture médiatisée comme la notre, plus des concepts sont massivement diffusés, plus profondes alors seront les ornières de l’esprit chez l’homme post-moderne. Pour quitter le confort de telles ornières et s'en éloigner, il faut nécessairement fournir une effort conscient et réel. Il faut développer une esprit critique. Bien d’autres, pour toutes sortes de raisons, ne seront pas aptes ou disposés à fournir un tel effort et se contenteront de suivre le chemin le plus fréquenté, même s’ils se rendent compte qu’il ne conduit plus nul part… Ne plus suivre la masse pourraient leur coûter trop cher.

Et pour des millions d’individus ces ornières de l’esprit sont invisibles, car ils n’ont jamais été tentés de s’éloigner des chemins battus. Et tant qu’on se coule à la masse, ces ornières sont fort confortables. Pourquoi les remettre en question ? Pourqoui se faire marginal ? Pourqoui se prendre pour Don Quichotte ? À bien des égards, le fait que nous considérons un objet naturel ancien ou récent dépendra en grande partie des présupposés que nous acceptons. Bien des choses nous semblent anciennes simplement à cause du fait qu'on a été enseigné à penser en ces termes et que nous ne savons pas comment aborder la question autrement.

Et tout comme à des époques lointaines il était impensable d’envisager que la Terre puisse être ronde alors qu’il était évident à tous ceux qui avaient des yeux pour voir qu’elle était plate, il est aujourd’hui tout aussi impensable à l’esprit moderne d’envisager la possibilité que la vie et l’univers qui nous entoure ne soit le résultat d’une évolution de processus naturels. Et là, se dresse devant l’esprit moderne, une ornière fort imposante, voire même une muraille devant laquelle il hésitera avancer car pour ce faire il faudrait avoir le courage de penser l’impensable. Si la Terre n’a pas des milliards d’années et si l’évolution n’est pas à l’origine de la vie alors quelle autre solution peut-on considérer ? Peut être faut-il justement songer à une Autre solution. Un Autre, qui hante le sous sol et les lieux refoulés de la pensée post-moderne et devant lequel il fuit.

Tous les scientifiques reconnaissent que la Lune s'éloigne de la terre et que la Terre ralenti graduellement. L'énergie perdue par la Terre est gagnée par la Lune et celle-ci s'éloigne. Quel est l'intérêt de la question ? Dans le débat sur les origines le temps est un facteur important. Critique en fait, car si on élimine les milliards d'années postulés généralement, toute l'édifice conceptuel échaffaudée par les évolutionnistes tombe. L'évolution est inconcevable sur le plan logique sans de très longues périodes de temps. Les conséquences sont certainement très lourdes.