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Samizdat

Chapitre III


Systèmes idéologico-religieux non-occidentaux




Table des matières

Lorsqu'il s'agit de démontrer l'utilité d'une proposition théorique nouvelle, rien ne vaut une confrontation avec la réalité qu'elle est censée décrire. Dans le cas d'une théorie sur les phénomènes idéologico-religieux, l'épreuve idéale serait de pouvoir l'utiliser en situation de terrain avec plusieurs systèmes de croyances (occidentaux et non-occidentaux). Pour ce qui est de la théorie proposée dans cet essai, la réalisation d'une telle épreuve n'est pas possible pour le moment et il faudra se contenter d'une confrontation indirecte effectuée au moyen de données ethnographiques recueillies par deux anthropologues au cours de recherches dans des sociétés non-occidentales. Dans ce chapitre donc, nous confronterons le cadre théorique proposé dans le chapitre précédent avec deux cas de religions non-occidentales, soit ceux des Tikopia étudiés par Raymond Firth et des Ndembu étudiés par Victor Turner.

Le choix de religions, fait ici, reflète deux critères, d'abord les données devaient représenter autant que possible des religions précontacts[1] (telles qu'a pu les reconstruire l'ethnographe), c'est-à-dire démontrant un minimum d'influences occidentales[2]. Deuxièment, les cas choisis devraient être bien documentés et les rapports de ces recherches facilement accessibles de manière à éviter de court-circuiter toute vérification ou critique ultérieure. En termes de procédure nous allons dans chacun des cas mentionnés ci-dessus fournir d'abord une brève description de l'environnement physique et social des groupes concernés, ensuite établir quelles sont les croyances impliquées dans leurs cosmologies, les rituels et pratiques les plus importants. Suite à cela nous analyserons ces données afin de préciser quelles sont les stratégies impliquées dans ces religions, quelles sont leurs caractéristiques, de quelle manière elles se concrétisent dans ces sociétés et quel est le type d'ordre qu'elles tentent de maintenir. Nous terminerons avec quelques comparaisons et commentaires.



- les Tikopia et leur religion

La religion des Tikopia a été observée et étudiée par Raymond Firth au cours de trois terrains successifs faits en 1928-29, 1952 et en 1966[3]. Les Tikopia habitent une petite île (du même nom) de la Mélanésie et vivent principalement de la culture du taro et du fruit à pain, mais consomment aussi les bananes, l'igname et la noix de coco. On y mange aussi beaucoup de poisson et d'autres fruits de mer; ils n'ont pas de porc et les oiseaux ne sont pas consommés, étant considérés tabous. On y cultive aussi le tabac et la noix de betel. Les Tikopia se regroupent en quatre clans qui ont chacun à leur tête un chef ou ariki, celui-ci étant conçu comme ayant un pouvoir absolu sur la vie et la propriété de son peuple. Les quatre clans sont les Kafika, Tafua, Taumako et Fangarere. L'ordre donné ici correspond à l'importance de chaque clan sur le plan rituel, le clan Kafika ayant la prééminence[4]. Les frères du chef et aussi sa proche parenté mâle occupent des fonctions de police ou maru, et entre autres ils doivent protéger le peuple des colères occasionnelles du chef. Chaque clan a aussi des anciens ou pure (établis selon le nombre de lignages dans le clan) qui représentent leurs lignages auprès des ancêtres et dieux dans divers rituels. Firth explique comment se répartit le pouvoir entre ces personnes. (1970:38)

Tournons-nous maintenant vers la cosmologie tikopia. Le système idéologico-religieux des Tikopia, qui est polythéiste, est particulièrement caractérisé par la croyance en des êtres surnaturels appelés atua[5]. Tous les chefs et anciens ont un certain nombre d'atua qui leur sont attribués et avec lesquels ils entretiennent un rapport privilégié (Firth 1970:144). Certains de ces atua sont des hommes, plus précisémment des ancêtres de lignage qui, après leur mort, ont eu accès à la divinité. Les autres, les dieux originels, n'ont jamais eu d'existence humaine. Le dieu le plus important du panthéon tikopia, l'Atua i Kafika du clan Kafika, institua un important cycle rituel: les Travaux des Dieux et les Tikopia racontent que l'Atua i Kafika était autrefois un homme très puissant et très grand qui après sa mort convainquit les dieux de lui partager leur mana, ou pouvoir, au moyen duquel il s'établit lui-même atua suprème. Bien que les Tikopia ne semblent pas avoir développé une mythologie très élaborée, Firth note (1967b:28) une série de trois mythes majeurs: d'abord celui racontant l'apparition du couple divin originel qui fut par la suite les parents de tout les atua; et de ceux-ci naquirent plus tard les premiers hommes. Parallèlement à ce récit, d'autres racontent l'arrivée au pays de l'ancêtre Kafika et une dernière série, l'arrivée d'un canoë de Luaniua et le peuplement des terres basses de Tikopia. Firth signale l'importance de l'interpénétration du 'religieux' et du 'politique' chez les Tikopia. (1967b:25)

Les Travaux des Dieux que nous avons mentionnés ci-dessus consistent en un cycle rituel accompli deux fois l'an et qui dure six semaines (Firth 1967a:9). Les chefs y jouent un rôle prépondérant puisqu'ils sont les seuls à savoir les noms des dieux qui doivent y être invoqués. Le cycle rituel comprend (Firth 1967a:27) un acte symbolique qui initie le cycle (throwing the firestick), une re-consécration des canoës et des temples, une série de rites pour la récolte et la plantation de l'igname, un festival de la danse sacrée, quelques rites commémoratifs sur les sites d'anciens temples et une fois l'an, la confection rituelle du curcuma. Firth note au sujet de ce cycle. (1967a:6)

Comme Firth le signale ici, on croyait pouvoir entretenir une relation avec les dieux et leur faire parvenir des requêtes, mais il faut noter que l'accès aux dieux était réservé à ceux dont la généalogie leur assurait un tel droit, c'est-à-dire aux chefs et anciens. Les femmes en général avaient rarement accès aux dieux au cours des rites des Travaux des Dieux, sauf qu'en devenant médiums elles pouvaient jouer un rôle intermédiaire reconnu par le système idéologico-religieux des Tikopia. Firth explique ici le principe d'accès indirect aux dieux tikopia. (1970:303)

Par ailleurs si la prospérité d'un clan semblait moins grande que celle d'un clan voisin, cela était imputé à un manque de pouvoir du chef dans ses relations avec les esprits et n'aboutissait pas en des accusations de sorcellerie (Firth 1970:29). Le pouvoir dont il s'agit ici c'est le mana[7]. Chez les Tikopia, l'accomplissement du cycle rituel des Travaux des Dieux n'a pas comme objectif immédiat la prospérité et le bien-être du peuple, mais plutôt l'acquisition du mana par le chef, ce qui lui assure par le suite l'efficacité de ses requètes auprès des dieux. Cela a comme implication qu'il y a toujours une certaine évaluation par le peuple des performances rituelles du chef en fonction des bénéfices matériels qui en résultent. Si le temps n'est pas beau, les récoltes ou les pêches mauvaises, on dira que le chef n'est pas mana. Un chef qui, aux yeux de son clan, n'est plus mana court le risque de perdre de l'appui technique et des participants aux rites qu'il officie, mais il ne pourra pas être démis de ses fonctions qui lui sont attribuées à vie. D'après ce que Firth nous laise entendre, la religion tikopia semble, au niveau doctrinal du moins, à caractère syncrétique, c'est-à-dire que l'addition de dieux ou de concepts religieux étrangers ne lui pose pas de problème. (Firth 1970:21)



- analyse

Procédons maintenant à l'examen de la religion tikopia à partir des concepts proposés dans le chapitre précédent. Nous tenterons d'établir quelles sont les stratégies impliquées dans le système idéologico-religieux tikopia et aussi de déterminer quel est le type d'ordre que ces stratégies s'efforcent de maintenir.

Un des éléments les plus importants de la stratégie primaire de la religion tikopia c'est ce qui pourrait s'appeler l'orientation rituelle (Ricoeur 1960:168) caractérisée par des processus de mise en ordre du présent et opérant à partir de la production (au sens théâtral) d'un schème de sens incorporant le social, l'agricole, le politique, le rituel, le technologique, etc.. et qui a son lieu dans le passé. Firth note au sujet du cycle rituel les Travaux des Dieux instaurés par l'Atua i Kafika: (1967b:26)

Ailleurs, commentant le manque d'intérêt pour les problèmes d'ordre moral dans la religion tikopia, Firth remarque. (1970:26)

Discutant de divers types de mythologies Langdon Gilkey précise de quelle manière les mythes qu'il appelle cosmogoniques (équivalent à la notion d'orientation rituelle énoncée plus haut) créent et entretiennent 'l'ordre des choses'. (Gilkey 1970:67)

Le cycle rituel, les Travaux des Dieux, mis en évidence par Firth représente à mon avis l'actualisation de deux éléments complémentaires et indissociables de la stratégie primaire de la religion tikopia. D'abord l'orientation rituelle, décrite par Gilkey, constitue sans doute la raison d'être du cycle rituel tikopia lui-même. L'orientation rituelle implique, comme le signale Gilkey, la réactualisation d'un schéma de sens originel (parfois le terme sacré est approprié aussi), cette réactualisation étant conçue par les Tikopia comme le moyen le plus efficace dont ils disposent pour s'assurer la faveur des dieux, ce qui se traduit en termes de prospérité économique, de descendance nombreuse et la continuité de l'ordre social tikopia. Corrélativement, les manques de prospérité, de fertilité et certaines attaques, de la part des éléments naturels surtout, contre l'ordre social peuvent alors être expliqués en termes d'une causalité qui aboutit généralement à une lacune dans un aspect technique du cycle rituel.

Le deuxième élément de la stratégie primaire, c'est la notion du mana. Comme nous l'avons indiqué précédemment, la performance du cycle rituel, les Travaux des Dieux, n'a pas comme objectif immédiat l'obtention de récoltes et de pêches abondantes mais vise plutôt un objectif intermédiaire qui est l'obtention du mana par les chefs participants. Ainsi, nous voyons que, chez les Tikopia, l'obtention de la prospérité matérielle (et le maintien de l'ordre social que cela permet) pour la société se fait par un processus à plusieurs chaînons. D'abord, il faut une participation 'réglementaire' au cycle rituel. Au niveau de l'exécution des rites, seuls les hommes (chef ou anciens) sont reconnus comme étant aptes à officier et parfois les femmes et les enfants sont exclus des rites, même à titre d'observateurs. Au niveau de la préparation des rites, l'accès y est plus large et tous (à peu près) auront une certaine tâche à remplir ou de la nourriture à fournir. La deuxième condition à remplir est que, en termes techniques, le rite soit bien exécuté, qu'on n'ait pas oublié d'invoquer aucun des dieux concernés par le rite ou aucun geste rituel important. Ensuite si ces conditions sont remplies, généralement on considère que les dieux accorderont au chef du mana, bien que les Tikopia ajoutent que parfois les dieux peuvent, pour des raisons connues d'eux seulement, négliger d'accorder du mana à un chef qui en demande. Le mana n'est donc pas conçu comme une propriété intrinsèque de l'homme mais plutôt comme un don qui dépend de la bonne volonté (et des caprices) des dieux. Ce n'est qu'une fois le mana acquis que les demandes du chef auprès des dieux (pour la prospérité, etc...) auront l'efficacité nécessaire et les résultats désirés; le mana confère puissance et efficacité à des paroles humaines habituellement impuissantes (Firth 1967b:183). Le chef dont les demandes sont exaussées est un chef qui est mana.

Au niveau pratique comme au niveau théorique, les deux éléments de la stratégie primaire sont difficiles à dissocier et ensemble fournissent l'outil le plus important pour la restauration de l'ordre et la prospérité. Firth donne plusieurs exemples de leur interaction. En voici deux. (Firth 1967b:190)

Remarquons qu'au-delà des deux éléments de la stratégie primaire de la religion tikopia, les Tikopia disposaient aussi de ce qu'on peut presque appeler une théorie de la psychologie divine. Théorie qui leur fournissait des moyens additionnels pour rendre leurs requêtes plus efficaces encore. Firth précise: (1970:300)

Notons aussi au sujet de cette complémentarité des stratégies, que la notion du mana sert vraisemblablement de 'soupape de sécurité' à ce système. Par exemple lorsqu'aux yeux de tous un chef remplit toutes les obligations requises par le cycle rituel et que 'ça ne marche toujours pas', on attribuera alors la disette, les maladies ou encore le mauvais temps à un manque de mana chez le chef et non pas à une lacune du système lui-même (ce qui équivaudrait en fait à la réfutation du système). A vrai dire, je doute fort que l'orientation rituelle, en tant que stratégie idéologico-religieuse, puisse exister-fonctionner à elle seule très longtemps en tant que stratégie primaire. Elle n'est pas assez complexe et les aléas de la vie dans un monde souvent très dur risquent, même à court terme, de la faire sauter. Ainsi, là où l'orientation rituelle constituera une partie importante d'un système idéologico-religieux, on pourra aussi s'attendre à la voir accompagnée de théories de personne, d'esprits malfaisants, etc... qui ouvrent d'autres avenues d'explication en termes de causalités alternatives de manière à assurer la survie du système.

Nous avons mentionné à diverses reprises un ordre que cherche à établir (et à maintenir) la stratégie primaire; précisons maintenant chez les Tikopia de quel type d'ordre il s'agit. Déjà les citations précédentes ont pu nous donner une idée de quel type d'ordre le système Tikopia produit ou vise; il s'agit d'un ordre matériel ici-bas, compatible avec la structure lignagère de cette société. Ce qu'on appelle communément "le bonheur matériel". Firth explique un peu ce que cela signifie. (1970:27)

Chez les Tikopia, la majorité des diverses activités qui pourraient être considérées comme des stratégies auxiliaires se retrouvent déjà intégrées au cycle rituel des Travaux des Dieux. Il y a néanmoins un certain nombre d'activités qui peuvent aussi être considérées comme des stratégies auxiliaires, mais dû au caractère aléatoire des phénomènes qui les nécessitent, ils ne peuvent être incorporés au cycle rituel. On retrouve parmi ces derniers évidemment les divers rites de passage concernant la naissance, la maturation et la mort des individus, mais aussi d'autres activités dont le caractère imprévisible, non-cyclique des phénomènes provocateurs rend difficile l'intégration dans un cycle rituel programmé à l'avance; il s'agit, entre autres, des activités de guérison des anciens et des médiums. Les activités des médiums en particulier sont intéressants puisque ces derniers deviennent médiums de manière aléatoire. A l'encontre des chefs, des marus et des anciens qui occupent ces postes en fonction d'un privilège héréditaire prévisible (lignée de chef ou d'ancien), l'entrée en fonction des médiums tient, dans les conceptions Tikopia, aux caprices des dieux. En termes pratiques, n'importe quel adulte peut devenir médium (même les chefs ou anciens). Parfois, certains individus recherchent cet état, mais c'est plutôt inhabituel. Il arrive aussi que certains individus deviennent médiums même contre leur propre gré, les dieux ayant 'forcé le chemin' comme disent les Tikopia (Firth 1967b:303,306-307). Bien que l'entrée en fonction du médium ait un caractère aléatoire, l'exercice de ces fonctions en a moins, le médium se doit avant tout à son lignage.

D'après Firth, il faut inclure les activités des médiums dans la religion tikopia dû aux faits que ces derniers font référence aux mêmes dieux que ceux impliqués dans les Travaux des Dieux, que très souvent l'entrée en transe d'un médium est une partie importante d'un rite et que les conversations avec les esprits, qui peuvent avoir lieu lors de transes, fournissent souvent des informations nouvelles sur le monde de dieux, ce qui a comme effet de renouveler l'intérêt pour ces croyances. Firth signale trois types d'événements généralement accompagnés par des médiums et leurs entrées en transes; certains rites publics très importants, l'achèvement d'un travail technique majeur tel que la construction d'un grand canoë ou filet, des crises sociales telles que les maladies graves ou la disparition d'une personne en mer. Firth note ce qui suit sur ce qu'impliquent ces contributions au système. (1970:263)

En rapport avec les maladies, les médiums offraient des diagnostics d'au moins deux types. D'abord, lorsque consultés, un médium (en transe) pouvait identifier certaines maladies comme étant le résultat de sorcellerie et il entreprenait alors une contre-offensive sur le plan spirituel, arrangeant les choses habituellement. Certaines autres maladies graves pouvaient être attribuées, par le médium, à un rapport sexuel accidentel (de la part du malade) avec un esprit. Firth explique quelques implications de ce dernier type de diagnostic et son traitement. (1970:101-102)

Même en cas d'échec, le médium était utile puisqu'il était en mesure de fournir des informations rendant cet échec compréhensible - il a été battu par un esprit plus fort - c'est-à-dire compatible avec la cosmologie tikopia. Cela était également vrai lorsqu'un médium en transe se prononçait sur le cas d'une personne longtemps disparue en mer, le déclarant mort, ce qui permettait au gens d'entreprendre alors les rites funéraires (Firth 1970:104-105). Ainsi, les activités des médiums, bien qu'ayant une portée moindre que celles liées à la stratégie primaire, contribuèrent aussi, et parfois de manière assez cruciale, au maintien de la structure de sens/sociale tikopia.

Un aspect intéressant de la stratégie primaire de la religion tikopia, mais qui n'a pas été mentionné jusqu'ici, c'est son caractère collectif. L'individu, voire le clan, n'a accès qu'à un nombre limité de dieux par l'intermédiaire de son chef. Cette situation est le résultat de la conception que les dieux tikopia sont la propriété d'un clan seulement et que ce dernier a un accès privilégié aux dieux qui lui appartiennent. Un chef ne peut invoquer que les dieux que lui avait légués son prédécesseur; l'invocation illicite d'un dieu se faisant au risque d'attirer la colère (et un mauvais sort) de la part du propriétaire légitime. Par ailleurs les dieux tikopia n'ont qu'une juridiction limitée, ce qui a comme résultat de créer une interdépendance rituelle entre les divers clans où les membres d'un clan doivent se fier aux chefs des autres qui, lors des Travaux des Dieux, invoquent leurs dieux pour le bien de tout Tikopia. Une telle intégration au système lignager a eu comme conséquence de rendre la religion tikopia difficilement 'exportable' et lors d'une rencontre avec le christianisme, étant donné la notion de l'accès indirect aux dieux[10] (prêtrise des chefs), la conversion d'un chef entraînait souvent celle de la majorité de son clan puisque celui-ci se retrouvait du coup coupé de ses dieux.

Passons maintenant à l'étude du prochain groupe.


suite


Notes

[1]- Les descriptions qui suivront rendront compte surtout de la situation sociale telle qu'elle se présentait lors des premiers terrains des anthropologues en question, depuis ce temps de nombreux bouleversements économiques, sociaux et religieux se sont produits.

[2]- J'ai posé cette exigence pour la raison qu'il m'apparaissait que la confrontation d'une théorie élaborée par un occidental, au moyen de concepts occidentaux, à des religions précontactes (même si les données ne sont pas toujours aussi complètes qu'on voudrait) serait plus utile et plus 'risquée' que l'application de cette même théorie à des religions plus récentes de la période coloniale ou post-coloniale, influencée d'une manière ou d'une autre par 'la' pensée occidentale.

[3]- Les informations ethnographiques d'ordre général qui suivront se rapportent, pour la plupart, à la situation telle qu'elle se présentait lors du premier terrain de Firth et peuvent être retrouvées dans le chapitre I de Tikopia Ritual and Belief.

[4]- Voici un peu plus en détail ce qu'implique cette forme de distribution du pouvoir. (Firth 1967a:39)

[5]- Firth spécifie: (1970:67)

[6]- Sur cette notion de représentation indirecte dans les rituels Firth ajoute: (1970:302)

[7]- Firth note que ce terme chez les Tikopia est synonyme du terme manu (1967b:183). Ailleurs Firth remarque: (1967b:191-192)

[8]- Ailleurs, Firth décrit un peu le processus de création de nouveaux dieux. (1970:91)

[9]- Au sujet de ce genre de cosmologie, Ricoeur souligne l'importance du rituel comme moyen de recréer l'ordre original. (1960:163)

[10]- Firth note: (1970:28)