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Samizdat

Lettre à une chrétienne
qui songe au divorce[1].





Introduction :



Georges Darveau


Sylvie,

J'ai cru comprendre que depuis quelque temps tu songe sérieusement divorcer ton mari.

Dieu a un plan pour ton mariage. Cela peut impliquer des choses que tu n'as pas prévues, mais ça ne veut pas dire qu'Il n'a pas de plan (ou que ton mariage soit "une erreur" comme le disent certaines personnes en se mentant à eux-mêmes). Fais-tu toujours confiance à Dieu ? Moi-même j'ai eu de très grosses déceptions dans ma vie chrétienne. Il y a un projet dans lequel j'avais investi plus de 15 ans de ma vie. Lorsque les portes se sont fermées complétement pour ce projet ça a provoqué une très grosse crise dans ma relation avec Dieu. Il m'avait dirigé, c’était sa volonté! J'avais même jeûné ! Et tout ça c’était une grosse farce dégueulasse finalement?? Je m'étais trompé, sinon Dieu s'est trompé!? Dieu m'a niaisé pendant tout ce temps ?? Disons que j'en avais TRES gros sur le coeur. Enfin, j'aurais pu assez facilement m'engouffrer dans l'amertume et ma relation avec Dieu aurait pu aboutir à la poubelle, mais je me suis dit que je lui ferais confiance malgré tout, même si je ne comprenais rien de ce qui s'étais passé. C’était un moment très noir pour moi. Peut-être que tu en es au même stade et tu ne vois pas de porte de sortie? Ce n'est pas parce qu'on n'en voit pas qu'il n'y en a pas, mais il faut Lui faire confiance à nouveau. Quelques versets qui m'ont aidés:

Au chef des chantres. Cantique des fils de Koré. Comme une biche soupire après des courants d'eau, Ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant: Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu? Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit, Pendant qu'on me dit sans cesse: Où est ton Dieu? Je me rappelle avec effusion de coeur Quand je marchais entouré de la foule, Et que je m'avançais à sa tête vers la maison de Dieu, Au milieu des cris de joie et des actions de grâces D'une multitude en fête. Pourquoi t'abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi? Espère en Dieu, car je le louerai encore; Il est mon salut et mon Dieu. (Ps 42: 1-6)

Je fais mon bonhomme de chemin depuis. Peut-être ce chemin m'était nécessaire, je n'en sais rien. Je soupçonne qu'une des raisons pourquoi on voit tant de divorces en milieu chrétien actuellement c'est qu'on a semé de la mauvaise graine pendant tant d'années. C'est-à-dire qu'on a prêché dans nos églises un évangile superficie, un "demi-évangile" comme celui visé par la citation qui suit de David Wilkerson (Prêt à tout abandonner ? Éditions Vida 1980/1982):

Certains pasteurs aujourd'hui prêchent continuellement un message positif. À les entendre parler, tous les chrétiens reçoivent des miracles; tous reçoivent des réponses immédiates à la prière; chacun se sent bien, vit bien et le monde entier est heureux et optimiste. J'aime entendre cette sorte de prédication, car je désire vraiment que le peuple de Dieu reçoive toutes ces bonnes choses. Malheureusement il n'en est pas ainsi pour un grand nombre de chrétiens honnêtes et sincères. Combien il est triste d'entendre ce genre de théologie superficielle prêchée en chaire aujourd'hui. C'est une insulte faite à un Jésus humble qui devint pauvre, dont la mort fut un échec aux yeux du monde. C'est cette sorte de prédication matérialiste qui a tellement mal préparé une génération entière à supporter la souffrance, à se contenter de ce qu'elle a, à se voire abaissée et pas toujours dans l'abondance. Servir Dieu devient une sorte de course olympique dans laquelle chacun doit essayer d'obtenir les médailles d'or.

Ailleurs dans le monde, les chrétiens sont surveillés par la police d'État, jetés en prison, torturés ou vivent dans une pauvreté extrême. Les évangéliques en Occident ne connaissent rien de tout ça. On peut à peiner imaginer de telles circonstances. Pour notre part, nous sommes éprouvés plutôt sur le plan de nos relations et en particulier dans les couples. Comment feras-tu face à ton épreuve de la foi ? C'est entre tes mains, mais n’oublie pas une chose, c'est-à-dire qu’un jour TOI tu auras des comptes à rendre à ce sujet car les Écritures nous disent que Dieu ne fait pas acception de personnes.

Mais si tu persistes dans ta décision de divorcer l'homme fidèle à tes côtés malgré tout, il te faut te poser des questions sérieuses:

Si le monde autour de toi (ainsi que les parasites juridiques, tout sourire, qu'on appel "avocats" qui vivent de ce business de démolisseurs de mariages) peut t'appuier dans ton idée de divorcer, le Nouveau Testament est très restrictif quant au divorce, plus restrictif encore que ne l'était l'Ancien Testament (où une lettre de divorce suffisait). Est-ce que tu peux trouver un verset biblique pour justifier ce que tu penses faire ou es-tu déterminée à trahir tes vœux de mariage comme tant d'autres, peu importe que ce soit vraiment justifié ou non ? Te souviens-tu des vœux que tu as prononcé le jour de ton mariage (ou te souviens-tu uniquement si ta robe t'allait bien ou s'il a plut) ? Quels étaient ces vœux au juste ? Il faut prendre conscience que si tu divorce sans motif biblique valable, un jour tu auras des compte à rendre devant Dieu pour ce que TU aura fait. Que restera-t-il de ton témoignage si tu divorce ton mari, sans justification biblique ? Bien des chrétiens et chrétiennes dans une telle situation tordent les Écritures pour justifier le divorce. Seul un adultère (et non pas des pensées adultères) peut le justifier et même là les Écritures recommandent de tenter de sauver le mariage plutôt que divorcer. Voici le verset pertinent:

Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu; ni par la terre, parce que c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu'on y ajoute vient du malin. (Matt 5: 31-37)

On a posé la question directement à Jésus, voici son avis:

Moïse, dirent-ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Jésus leur dit: C'est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. (Marc 10:4-12)
Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier? Il leur répondit: C'est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n'en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. (Matt 19: 7-9)

L'apôtre Paul, dans le cas de nouveaux chrétiens, recommande de ne pas divorcer, même s'ils sont mariés à un non-chrétien:

A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari (si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis: Si un frère a une femme non-croyante, et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la répudie point; et si une femme a un mari non-croyant, et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne répudie point son mari. Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le frère; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. (1Cor 7: 10-14)

Les Écritures nous affirment que ce n'est pas une petite chose aux yeux de Dieu de briser des vœux/promesses faits devant Lui. Voici ce que Dieu dit au sujet d'un leader politique (pharaon dans le contexte) qui brise une promesse faite au nom de Dieu.

Il a méprisé le serment, il a rompu l'alliance; il avait donné sa main, et il a fait tout cela; il n'échappera pas! C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Je suis vivant! c'est le serment fait en mon nom qu'il a méprisé, c'est mon alliance qu'il a rompue. Je ferai retomber cela sur sa tête. J'étendrai mon rets sur lui, et il sera pris dans mon filet; je l'emmènerai à Babylone, et là je plaiderai avec lui sur sa perfidie à mon égard. (Ézéchiel 18: 18-20)

Les Écritures affirment que briser une promesse sans raison valable attire le jugement de Dieu.

Ils prononcent des paroles vaines, des serments faux, Lorsqu'ils concluent une alliance: Aussi le châtiment germera, comme une plante vénéneuse Dans les sillons des champs. (Osée 10: 4)

Et dans d'autres contextes:

Il [l'homme ou la femme fidèle à Dieu] regarde avec dédain celui qui est méprisable, Mais il honore ceux qui craignent l'Éternel; Il ne se rétracte point, s'il fait un serment à son préjudice. (Ps 15:4)

Car ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: J'agirai envers toi comme tu as agi, toi qui as méprisé le serment en rompant l'alliance. C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Je suis vivant! c'est le serment fait en mon nom qu'il a méprisé, c'est mon alliance qu'il a rompue. Je ferai retomber cela sur sa tête. (Ézéchiel 17:18-19)

Dieu veut que l'on garde notre parole tout comme Lui il garde sa Parole. Dans ta situation, bien des femmes qui pensent au divorce justifient cet acte par le fait que leur mari "n'a pas pris ses responsabilités de mari" et invoquent le verset suivant:

Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. (Éphésiens 5: 25-28)

Est-ce légitime d'envisager le divorce dans un tel cas ? C'est une justification que l'on entend dans la bouche de bon nombre de chrétiennes et pourtant rien dans les Écritures n'appuie cette idée. Et s'il fallait l'envisager il faudrait alors, en toute logique, admettre que les hommes puissent évoquer, de la même manière, le manque de soumission de leurs femmes, comme motif de divorce, car ce devoir des femmes est fait mention quelques versets avant (Eph. 5: 22). Non, soyons clairs, aucun de ces motifs n'est justifiable (ni pour les hommes ni pour les femmes) de la part d'un chrétien/ne pour justifier un divorce.

Évidemment toute la génération qui nous entoure ne peut pas tolérer de tels commentaires. La première chose que l'on entend en réplique est "COMMENT PEUX-TU ME JUGER !!??" La génération présente déteste la culpabilité et déteste plus encore le concept du jugement c'est-à-dire que l'on ait des comptes à rendre à qui que ce soit touchant nos attitudes ou nos comportements. À notre génération, les Écritures adresse un avertissement sévère:

La sagesse crie dans les rues. Elle élève sa voix dans les places: Elle crie à l'entrée des lieux bruyants; Aux portes, dans la ville, elle fait entendre ses paroles: Jusqu'à quand, stupides, aimerez-vous la stupidité? Jusqu'à quand les moqueurs se plairont-ils à la moquerie, et les insensés haïront-ils la science? Tournez-vous pour écouter mes réprimandes! Voici, je répandrai sur vous mon esprit, Je vous ferai connaître mes paroles... Puisque j'appelle et que vous résistez, puisque j'étends ma main et que personne n'y prend garde, puisque vous rejetez tous mes conseils, et que vous n'aimez pas mes réprimandes, moi aussi, je rirai quand vous serez dans le malheur. Je me moquerai quand la terreur vous saisira, quand la terreur vous saisira comme une tempête et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon, quand la détresse et l'angoisse fondront sur vous. Alors ils m'appelleront, et je ne répondrai pas; Ils me chercheront, et ils ne me trouveront pas. Parce qu'ils ont haï la science, Et qu'ils n'ont pas choisi la crainte de l'Éternel, parce qu'ils n'ont point aimé mes conseils, Et qu'ils ont dédaigné toutes mes réprimandes, Ils se nourriront du fruit de leur voie, Et ils se rassasieront de leurs propres conseils, car la résistance des stupides les tue, et la sécurité des insensés les perd; Mais celui qui m'écoute reposera avec assurance, Il vivra tranquille et sans craindre aucun mal. (Prov. 1: 20-33)

Comment se fait-il que ce soit ainsi, c'est-à-dire que notre génération déteste à ce point le jugement? Il y a plusieurs raisons qui sont liées en ordre logique. On a détruit les fondations... Vois le raisonnement qui fonde la réaction des gens qui ne connaissent pas la parole de Dieu.

• Les non-croyants rejettent l'existence de Dieu
• En rejetant Dieu, ils rejettent aussi l'idée d'une loi morale absolue qui juge le comportement de tout le monde.
• En rejetant l'idée d'une loi moral absolue (pas la même chose que le légalisme en passant) il n'y a plus rien pour accrocher les concepts du Bien et du Mal.
• Dès lors chacun fait sa loi, érige propres ses concepts du Bien et du Mal.
• Personne ne peut alors juger qui que ce soit, car il n'y a aucun standard au-dessus de tout le monde et qui puisse servir de point de repère ou d'Étalon.

La religion postmoderne qui nous entoure affirme que chacun à sa vérité. Mais cette idéologie si chic et si dominante actuellement, est d'une inconséquence... S'il est vrai que chacun a sa vérité alors même Hitler, le violeur d'arrêt d'autobus à Montréal, Jack Kavorkian, Pol-Pot, Jack the Ripper et Staline ont tous leur vérité... Et personne ne peut leur faire la moindre reproche pour leur comportement. Dans ce contexte, ce serait de l'hypocrisie que de vouloir les juger. Ils ont juste voulus «s'épanouir» de manière originale, c'est tout. Il faut se rendre compte que beaucoup d'évangéliques ont absorbé ces idées, ces manières de penser du monde et lorsqu'on remet en question leur comportement, ils réagissent exactement comme les païens qui nous entourent en répondant COMMENT PEUX-TU ME JUGER !!??

Une femme devant le jugement...
Certains défendent cette réaction en citant le cas de la femme prise en flagrant délit d'adultère qu'apparaît en Jean 8: 3-11. Dans cette situation, on a confronté Jésus à une femme digne de jugement selon la loi. Que fait Jésus ? Évidemment on connaît l'histoire. On sait que Jésus ne la juge pas. Mais est-ce le cas vraiment ? Il faut noter que dans le contexte, les pharisiens exploitent délibérément cette situation pour discréditer Jésus. Et il le sait... C'est pour cette raison qu'il saisit la situation pour exposer et remettre en question leurs motifs. Il sait que leurs motifs de jugement sont impurs. Ce n'est pas la justice qui les intéresse, mais prendre Jésus au piège, le marginaliser et le discréditer.

Mais il faut se demander aussi ce que Jésus n'a pas fait. Il ne remet pas en question le fond de la chose, c'est-à-dire leur jugement sur le comportement de la femme. Il ne remet pas en question le fait que la femme ait péché et qu'elle est digne d'être jugé sous la loi de Dieu. Mais Jésus saisit aussi la situation pour lui offrir une porte de sortie inattendue et lui tendre une main de grâce. Et puisque les Écritures n'en disent pas plus, on peut supposer qu'elle ait accepté l'offre de Jésus et ait effectivement changé de comportement. D'ailleurs je ne pense pas que Jésus lui aurait fait cette offre de grâce si elle-même n'avait pas admise/reconnue sa culpabilité. Et il est claire pour Jésus qu'elle était coupable, sinon pourquoi aurait-il dit: "va, et ne pèche plus". Il y avait bien péché. Il le savait, et elle aussi. Mais ça c'est une notion que notre génération postmoderne rejette...

Notre génération préfère se créer des divinités tolérantes, à son image. Mais le Jésus de l'Amour à l'eau de rose (qui ne juge jamais) est une invention de notre génération, car le Christ véritable est venu non pas pour abolir la Loi, mais pour l'accomplir. Scandale ! La condamnation de nos comportements et nos motivations est maintenue. On peut nous tenir responsable de nos fautes ? Impensable ! Notre génération n'accepte aucune limite à sa volonté, à ses pulsions ou à ses désires. Les Écritures affirment donc que la condamnation est maintenue, mais que Christ prend sur lui la sentence dictée par le Juge ; la mort. Nous, on n'a qu'admettre note culpabilité pour recevoir la grâce que Dieu veut nous donner. Mais admettre notre culpabilité c'est reconnaître et se soumettre à la Loi de Dieu. Est-ce que notre génération de chrétiens en est capable ? Bien souvent notre comportement démontre clairement le contraire. Notre génération affirme que la fidélité est une prison étouffante dont il faut fuire, mais dans son livre l'Amour et l'Occident, Denis de Rougement apporte quelques réflexions intéressantes à ce sujet (1972: 331-332):

Pour moi, renonçant d'emblée à toute apologie rationaliste ou hédoniste, je ne parlerai que d'une fidélité observée en vertu de l'absurde, parce qu'on s'y est engagé, simplement, et que c'est un fait absolu, sur quoi se fonde la personne des époux. Il faut bien voir que cette fidélité est à contre-courant des valeurs aujourd'hui vénérées par presque tous. Elle représente le plus profond non-conformisme. Elle nie la croyance commune en la valeur révélatrice du spontané et de la multiplicité des expériences. Elle nie que l'être aimé doive réunir, pour être ou pour rester aimable, le plus grand nombre de qualités possibles. Elle nie que le but de la fidélité soit le bonheur. Elle affirme scandaleusement que c'est avant tout l'obéissance à une Vérité que l'on croit, et en second lieu la volonté de faire une oeuvre. Car la fidélité n'est pas du tout une espèce de conservatisme. Elle est plutôt une construction. « Absurde » au moins autant que la passion, elle se distingue de la passion par un refus constant de subir ses rêves, par un besoin constant d'agir pour l'être aimé, par une constante prise sur le réel, qu'elle cherche à dominer, non pas à fuir.
(1972: 339) ...on pourrait dire que la fidélité se garantti elle-même contre l'infidelité du simple fait qu'elle habitue à ne plus séparer le désire et l'amour. Car si le désir va vite et et n'importe où, l'amour est lent et difficile, il engage vraiment toute une vie, et il n'exige pas moins que cet engagement pour révéler sa vérité. Et c'est pourquoi l'homme [ou la femme - GD] qui croit au mariage ne peut plus croire au « coup de foudre », et encore moins à la « fatalité » de la passion.

Évidement celles (et ceux) qui justifient leur divorce en affirmant: «Mais je ne l'ai jamais vraiment aimé» évacuent leur engagement pour ramener la valeur du mariage à une évaluation subjective, uniquement émotive. Mais il y a lieu de penser que cette conception émotive de l'amour, c'est-à-dire lié à, et à la merci, de sentiments et émotions amoureux, soit carrément un mensonge. Une fois pris(e) au piège de ce mensonge, dès que monte la pression de la vie réelle, et que les émotions ne soient plus là, alors toutes les trahisons sont permises. Et au nom de "l'Amour" évidemment... Quelle hypocrisie! Pour guérir de ce mensonge, de Rougement est d'avis que la seule solution est de confronter le fuyard (qu'il compare à un malade) à la réalité (1972: 418):

La cure consisterait dans une confrontation du fiévreux à la réalité. L'équivalent des antihistaminiques prescrits dans les cas d'allergie serait d'amener le passionné à regarder et à voir l'autre tel qu'il est. Or c'est à quoi le passionné se refuse avec toute sa passion, précisément. Il préfère s'éloigner de celle [ou celui] qu'il risquerait de trop bien voir dans la sobre lumière des jours partagés.

Évidemment pour voir l'autre tel qu'il est il faut, auparavant, se regarder dans le miroir. Et de là, les questions se posent: Moi, est-ce que j'aime vraiment l'autre ou est-ce que j'aime seulement qu'un sentiment (égoïste), une émotion passagère, c'est-à-dire que moi-même? Que feras-tu donc Sylvie de la grâce de la repentance que Dieu t'offre ? Tu peux encore changer de cap. RIEN n'est inévitable, il y a toujours l'espoir si on s'attache à Lui. SI tu persistes dans ton idée, ton scénario risque de suivre le cours habituel dans ce genre de situation de celles qui initient un divorce. Avant même que le divorce soit prononcé officiellement ce ne sera pas surprenant de te retrouver dans le lit d'un autre gars (afin de prouver que tu es toujours désirable, digne d'attention, bla, bla, bla....). Et trop souvent cela est justifié avec ces paroles mémorables: J'ai le droit d'être heureuse! Ouais.. ça c'est le mensonge favori des femmes de cette génération. Les Écritures proposent parfois des paroles très directes touchant ce genre de situation. On nous dit: «La femme sage bâtit sa maison, Et la femme insensée la renverse de ses propres mains.» (Proverbes 14: 1) Mais à mon avis une femme insensée n'est pas une femme stupide, mais une femme qui a bati sa vie sur un mensonge. Parfois c'est le mensonge que "J'ai le droit (ou je mérite) d'avoir de l'attention (d'un homme)" mais chez beaucoup de femmes de notre génération c'est le mensonge que "J'ai le droit être heureuse". Mais chose curieuse, si un homme divorce son épouse en prétextant qu'il n'est pas "heureux" dans son mariage, ces mêmes femmes vont mépriser et cracher sur un tel homme. Quel connard, quel imbécile!!, etc... Mais si une femme évoque exactement le même argument pour justiffier quitter son mari, c'est normal, justifié, etc... Quelle hypocrisie!

Il est vrai que peu de gens, dans notre génération, supportent l'idée d'être jugés, mais la Parole de Dieu nous juge tous et si on se dit chrétien ou chrétienne cela implique qu'on a des comptes à rendre devant sa Parole (non pas devant Georges Darveau). C'est sa Parole qui jugera toi et moi un jour. Et si tu te reprends, il est tout à fait concevable qu'un jour ce soit moi qui aie besoin d'être repris par toi. Personne n'est au-dessus de tout ça. Je veux être soumis à sa Parole et avoir une vie qui (dans son ensemble) qui rend témoignage à son nom (et non me contenter de belles paroles vides). Dire (verbalement) qu'on aime Dieu est facile. Jésus nous a dit:

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui. Jude, non pas l'Iscariot, lui dit: Seigneur, d'où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde? Jésus lui répondit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles.(Jean 14:21-24)

Sylvie, je sais que c'est dur d'entendre tout ça, mais si tu veux échanger je ne suis pas bouché. Tu peux même me chanter des bêtises si tu en as envie. Évidemment si tu décides de revenir sur cette idée et construire ton mariage je te recommande TRES fortement de rencontrer un chrétien compétent pour du counseling à deux. Dans ces situations, les DEUX doivent écouter, reconnaître leurs torts et faire des concessions et ça prend vraiment une personne neutre pour examiner les FAITS et départager les choses. Mais si tu n'accepte pas de remettre en question TES attitudes et comportements, ne perd pas ton temps, ni celui de ton mari ou de l'intervenant.

Ceci dit, il faut être sur ses gardes. Dans nos églises évangéliques la tradition d'apporter sa Bible à l'église est un acquis de la Réforme. Cela implique que tout chrétien a le droit (et le devoir) de consulter sa Bible de manière à vérifier si ce qu'on lui enseigne est bien conforme à la Parole de Dieu.

L'exemple nous est donné par l'Église primitive où les juifs de Bérée vérifièrent les paroles de l'apôtre Paul afin de s'assurer qu'elles étaient fondées dans la Parole de Dieu (Actes 17: 10-11). En effet, l'attitude du Nouveau Testament peut se résumer à ceci: "Examinez toutes choses; retenez ce qui est bon." (1Thess. 5:21). Dans le contexte qui nous concerne ici cela implique d'apporter sa Bible dans les sessions de counseling et si celui qui fait le counseling ouvre une porte vers le divorce que les Écritures n'admet pas, il faut ouvrir la porte du bureau de ce counsellor et sortir... Bien des counsellors évangéliques qui ont une formation universitaire ont subi un lavage de cerveau (volontaire?) dans ce contexte et bien qu'ils connaissent bien la Bible, sur le sujet du divorce ils pensent comme des païens... Contrairement au prophète Daniel, qui a refusé les mets du roi, eux ils ont bouffé tout ce qu'on leur a enseigné à l'université sans songer à remettre en question des principes contraires aux Écritures (et subir les conséquences au niveau de leurs notes). Faut penser à sa carrière, n'est-ce pas? C'est enmerdant à dire, mais il faut être sur ses gardes. De telles counsellors construisent des maisons sur le sable et non sur le Roc. Certains sont des traîtres. Un jour ils auront des comptes à rendre devant Dieu.

Sylvie, ne cherche donc pas la porte de sortie «facile» à ta situation, ni à te conformer à l'esprit du Siècle, mais cherche à marcher dans la Vérité. Ainsi, au jour du Jugement, tu n'auras donc pas honte de la décision que tu as prise touchant ton mariage. Sylvie tu as le pouvoir de construire ou détruire ton mariage. Lequel choisiras-tu?




que sa grâce te garde Sylvie!


Georges


Notes

[1] - Dans ce texte, les noms ont été changés pour protéger la vie privée des (plus ou moins) innocent(e)s.