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Samizdat

Quelques réflexions
sur l'enseignement de la dÎme en milieu évangélique.





Paul Gosselin



NB: Cette note, au moment de sa rédaction initiale en 1986, visait les églises affiliées aux Assemblées de la Pentecôte du Canada, mais la pratique discutée ici est largement répandue chez d'autres dénominations évangéliques et les raisonnements invoqués à sa défense, fort similaires.

Dans le préambule de la Déclaration de dogmatique des Assemblées de la Pentecôte du Canada on lit ce qui suit:

On y indique aussi (1980: 2)

L'habitude très ancienne qu'ont les chrétiens des assemblées évangéliques de tout genre d'apporter leur Bible à l'église est un acquis de la Réforme. Elle implique que tout chrétien a le droit de consulter sa Bible de manière à vérifier si ce qu'on lui enseigne est bien conforme à la Parole de Dieu[1]. L'exemple nous est donné par l'Église primitive où les juifs de Bérée vérifièrent les paroles de l'apôtre Paul afin de s'assurer qu'elles étaient fondées dans la Parole de Dieu (Actes 17: 10-11). En effet, l'attitude du Nouveau Testament peut se résumer à ceci: "Examinez toutes choses; retenez ce qui est bon." (1Thess. 5:21). Dans ce texte qui suit nous allons jeter un coup d'œil à l'enseignement touchant la dîme que l'on rencontre dans les assemblées de la Pentecôte du Canada.

Sur un plan plus personnel je dois avouer que même si je la donne toujours depuis de nombreuses années, pour ma part je n'ai jamais été très convaincu de cet enseignement. Ce n'est pas que ce principe soit faux, mais plutôt qu'on en a beaucoup abusé, surtout en criant haut et fort qu'il s'agit d'un principe "enseigné par le Nouveau Testament". Si on examine la Parole elle-même on peut se rendre compte qu'il y a de bonnes raisons bibliques pour questionner l'enseignement que l'on rencontre courramment dans nos milieux évangéliques.

Au point de départ il faut examiner deux questions.

    1. D'abord dans l'Ancien Testament (AT), qu'est-ce au juste la dîme et est-ce que notre enseignement de la dîme est vraiment basé sur la Parole ??

    2. Par rapport à cet enseignement de l'AT, que nous dit le Nouveau, c'est-à-dire quelles sont les implications pour le chrétien sous la grâce ??

Tout d'abord il est évident que la dîme[2] fait partie de la Loi et a été établie pour soutenir les Lévites, c'est-à-dire pour leurs salaires. Nombres 18: 21 est bien clair sur ce point: "Je donne comme possession aux fils de Lévi toute dîme en Israël, pour le service qu'ils font, le service dans la tente d'assignation." (voir aussi Nom.18: 9-15) Par contre, nous voyons que c'était là leur seul source de revenu car ils n'avaient pas droit au propriété des terres de culture en Israël (Nom.18: 24). Bien que Nom.18: 21 que nous venons de voir indique assez catégoriquement que toutes les dîmes devaient aller aux Lévites, ceci est complété par Deut.12: 17-19 qui signale un fait généralement ignoré chex nous en précisant que Monsieur "Toulemonde" participait directement avec le Lévite à sa consommation:

Il me semblait clair que ceci impliquait d'avoir droit à plus qu'au sourire éclatant du pasteur le dimanche matin. La situation présente de nos assemblées me semblait réellement en contradiction avec ce qu'affirme ce verset. Mais on m'a fait la remarque suivante en affirmant que notre situation présente n'est pas tellement en contradiction avec ce verset car "Le pasteur n'a que son salaire venant de la dîme des croyants; aussi lorsque le croyant paie sa dîme il bénéficie de TOUS les services de l'église que ce soit la prédication, la batiment, les chaises, les salles de classe, etc. Le croyant participe donc ainsi AVEC le pasteur à la consommation de la dîme." En ce sens précis, effectivement, je dois être d'accord que le croyant ordinaire participe à la consommation de la dîme tout autant que le pasteur. Reste à savoir si c'est ce qui est visé par ce verset.

D'autre part, un autre fait mal connu (ou bien refoulé) concernant la dîme, telle qu'établie par la loi de Moïse, c'est qu'a tous les trois ans la dîme était partagée entre quatre groupes d'individus soient: le Lévite, l'étranger, l'orphelin et la veuve. (Deut.14: 28-29):

Pendant longtemps dans nos assemblées je n'ai jamais rien vu de pareil. En fait, ce genre de chose est très exceptionnelle dans les églises évangéliques francophones. Ca existe chez les "freaks" de Jesus People USA (habitant un quartier défavorisé de Chicago) qui nourrissent à tous les jours au moins une centaine de gens pauvres de leur quartier et qui hébergent des gens de la rue. Dans la ville de Québec où je habite, il y a le ministère du Café Centre-Ville fait une œuvre semblable. Gloire à Dieu ! Mais on se compare aux milieux évangéliques anglophones, nous les francophones évangéliques on passe pour égoistes", on reste centrés sur nos nombrils, nos besoins, les activités qui se déroulent entre les quatre murs de nos églises. Moi, moi, moi… En général, on peut dire qu'on est bien loin (à ce que je sache) de consacrer 75% des dîmes à tous les 3 ans aux étrangers (émigrés), orphelins et veuves (nos vieillards ??). Notre conscience sociale ?? Peut-être bien on aura soin de me souligner que les assemblées n'ont plus à s'occuper de telles choses puisque les divers paliers de gouvernement s'en chargent bien maintenant. Si c'est vraiment le cas, et que l'on se fie au gouvernement pour la décharge de ces tâches alors il faut réflechir que cela implique aussi qu'à tous les trois ans la dîme soit réduit à 2.5% (et non 10%) car c'est la part qui reste au Lévite. C'est dire que la dîme, cette année là, est divisée en 4 parts égales. Les autres 3/4 de la dîme étant destinés aux étrangers, orphelins et veuves. Une autre manière d'administrer cette baisse tri-annuelle de la dîme serait de la répartir sur les trois ans ainsi au lieu de recueillir 10% pendant 2 ans et 2.5% la troisième année l'on recueillerais 7.5% à toutes les années. Enfin…

Peut être me dira-t-on, mais ce n'est qu'un verset ! On ne peut pas virer le monde à l'envers avec un verset. C'est bien vrai. On ne peut pas baser grand chose sur juste un verset. Mais ça ne finit pas là. En Deut. 26: 12,13 on répète:

En Deut.16: 10-12 on voit encore que la répartition en quatre parts (au Lévite, étranger, orphelin et veuve) est respectée pour l'offrande fait au moment de la fête des semaines (à toutes les années) et c'est vrai aussi pour l'offrande faite au moment de la fête (annuelle) des tabernacles (voir Deut.16: 14-15). Si l'on se moque parfois entre évangeliques de la mentalité des "bonnes œuvres" des catholiques qui veulent gagner leur ciel (genre mère Téresa de Calcutta), d'après ce que nous voyons ici dans la Parole on devrait moins se moquer et essayer de faire mieux. Peut-être me dira-t-on encore "Mais c'est très légaliste ton affaire avec tous ces calculs de parts et de pourcentages !" C'est bien vrai. Mais tout ce que j'ai à dire là-dessus c'est que c'est précisément une telle mentalité qu'on encourage dans le milieu évangélique présentement. C'est juste que les "sous" vont ailleurs...

D'autres interprètent (Deut. 14: 28-29; 26: 12-13) comme s'il y avait trois dîmes différents. Un pour le Temple et les Lévites, un pour le roi[4] (1 Sam.8: 15, 17) et le dernier pour les pauvres... C'est dire qu'à tous les 3 ans on ne demandais plus 10% (ou 20%) mais 30% de revenus bruts ! Bien sûr, avec une prévenance bien "pastorale" on a eu hâte d'attribuer la première dîme aux Lévites (Prov. 22: 3). Que les orphelins et les veuves se débrouillent... Le livret Dîme et Offrandes (AdPC/POAC 1985 12 p.) pour sa part, nous indique que ce dont il est question en Deut.14: 28-29 c'est une dîme "spéciale" (p.11), prélevée en plus de la dîme ordinaire. Ce n'est pas vrai du tout. Rien n'indique dans le texte qu'il s'agit d'une dîme supplémentaire. Le texte dit simplement "tu sortira toute la dîme de tes produits..." Ca me semble assez clair. Pour trancher la question il faudrait l'expertise d'un spécialiste en hébreux, ce que je ne suis pas. Sommes nous (et je m'inclus ici), l'Église, juste une grosse machine nombriliste, une machine qui ne pense qu'à ses besoins et à son expansion (financière ou démographique) ? Peut être que peut sembler amère ou critique ici mais ça vise tout autant le laïque évangélique que le clergé. Je n'ai pas, moi-même, grand chose à me vanter encore à ce qui a trait à l'aide aux démunis) étrangers, veuves, orphelins). Depuis quelque temps j'essaie d'avoir les yeux ouverts, c'est tout.

Si on veut réellement se conformer à l'enseignement de l'AT sur la dîme les exigences de celui-ci me semblent tout de même claires, ou bien on fait une part plus grande aux pauvres, démunis, etc. dans le budget de nos assemblées ou bien ou consentir à couper la dîme à 7.5% annuellement. Peut-être ça va compliquer les choses quelque peu, mais c'est souvent le cas que l'obéissance à Sa volonté nous amène certaines "complications" dans la vie. Initialement j'ai cru que l'admission de notre responsabilité envers les pauvres n'impliquait pas nécessairement qu'on ait à partir de nouveaux ministères et trouver de nouveaux responsables, etc. mais qu'on pourrait très simplement remettre l'argent à des organismes chrétiens existants qui ont déjà à cœur ces genres de choses et qui font un bon travail. A ce sujet on m'a fait la remarque qu'en faisant ceci on ne ferait que se décharger de nos responsabilités et que chaque assemblée et chaque chrétien doivent agir et non pas seulement quelques "ministères spécialisés". A bien y réfléchir, je dois avouer être d'accord sur ce point.

Le Nouveau testament
Tournons notre attention maintenant sur l'idée que le "principe" de la dîme est supporté par le Nouveau Testament (NT). Qu'en est-il? Tout d'abord, le NT en parle très peu. La concordance française (Chouinard et Cochrane 1980 DEQ) indique que la dîme n'est mentionnée que 9 fois dans le NT contre 33 dans l'AT. Évidement les chiffres ça ne dit pas grand chose en soi (l'AT est deux fois plus volumineux). Faut voir ça de plus près. Sur 9 versets, 6 ne sont que descriptifs (c'est-à-dire Heb.7: 2,4,5,6,8,9), décrivant un événement historique (Abraham donnant la dîme à Melchisédek), mais ça ne va pas plus loin que ça car le texte n'est accompagné d'aucun ordre ou recommandation à l'égard de la pratique contemporaine pour le lecteur visé. Le point que l'auteur veut faire se rapporte à la fin de l'ère de la loi[5]. Un autre verset, Luc 18: 12 vise le jeune homme riche qui était bien fier d'affirmer, qu'entre autres, il payait sa dîme. On sait tous comment ça c'est terminé... Apparemment Dieu n'a pas été bien impressionné. Les deux autres versets qui restent visent un même événement où Jésus parlait aux pharisiens et aux scribes (dans les évangiles de Matt. et Luc). Il s'agit aussi du seul support apparent pour le "principe" de la dîme dans le NT. Les deux versets disent sensiblement la même chose. Matt.23: 23 indique:

C'est bien peu. Si on regarde de près à l'exégèse qu'on fait de ce verset on se rend compte qu'il ne supporte pas plus l'interprétation qu'on veut en faire que l'interprétation catholique de Jean 2: 1-11 aux noces de Cana. Les catholiques font valoir ces versets pour avancer l'idée qu'on peut (ou doit) prier Marie.

C'est comme disent les anglais "making mountains out of molehills". Si on met côte à côte ces deux interprétations et leurs supports bibliques (il faut donner sa dîme -> Matt. 23: 23 et qu'il soit correcte de prier Marie -> Jean 2: 1-11) on doit admettre que dans un cas comme dans l'autre le support biblique est semblable, c'est-à-dire inadéquat. Ce n'est donc pas un support très solide pour le grand "principe" de la dîme. D'ailleurs c'est avec une certaine hypocrisie qu'on joue avec les mots en parlant de "principe" comme s'il s'agissait de quelque chose d'abstrait, d'une analogie, tandis que ce qu'on veut vraiment dire c'est carrément la dîme elle-même, sans abstraction, mise en application avec autant de vigueur que dans l'AT. Le fait de retrouver la dîme dans la "Déclaration de la dogmatique des assemblées de la Pentecôte du Canada" contredit l'idée de parler de la dîme en tant que principe. Si la dîme est un dogme, il faut le dire sans détour et l'appuyer par des versets de manière adéquate. Si on croit que la dîme n'est qu'un principe, c'est-à-dire une pratique dont chaque chrétien peut adopter à sa discrétion il s'en suit deux conséquences. Premièrement, la dîme n'a pas sa place dans la déclaration de la Dogmatique de la PAOC[6], deuxièmement il faudrait cesser toutes les pressions plus ou moins subtiles de faire croire à tous les chrétiens qu'ils doivent donner leur dîme dont, entre autres, les rappels répétés d'être "fidèle dans les dîmes et les offrandes". Sachon regarder plus loin que notre nez. Dans d'autres dénominations évangéliques on fonctionne sans la dîme et on s'en trouve pas plus mal[7]. D'ailleurs, si nous, on bâtit sur le sable, tout finira par se savoir. Tout ce qui est caché sera mis au grand jour éventuellement. De toute manière le principe des offrandes pour supporter l’église reste toujours en vigueur et il est tout à fait cohérent avec le NT.

Étant donné le peu de support pour la dîme dans le NT on se voit parfois "obligé" de s'abaisser à "enrôler de force[8]" certains versets dans la lutte pour la défense de la dîme. C'est le cas du verset suivant du moins. (1Cor.16: 2) :

À première vue ce verset semble avoir un lien avec la dîme, mais si on regarde le contexte on s'aperçoit qu'il traite d'une collecte pour des frères et sœurs souffrant d'une famine en Israël (voir 16: 1) et non pas d'une dîme pour supporter une assemblée locale voire faire des paiements sur une édifice[9]. D'autres versets, 2 Cor.8: 2-3, ont subi le même sort. Lorsqu'on comprend bien l'intention de ces versets[10], je pense que ce n'est pas trop fort que de dire qu'on en a fait dans nos églises une utilisation abusive et hypocrite. La tendance est de toujours centraliser toute charité et générosité sur la machine administrative (que l'on appel église) gérée par des pasteurs.

Songez à ceci. Même au 5e siècle après JC, au moment où il y avait déja bien des compromis dans l'église avec la culture environnante, l'église à Rome divisait ses revenus en quatre parts: une pour l'évêque, une autre pour le bas clergé, une pour les pauvres et une pour l'entretien des édifices[11]. Il est évident que une telle répartition pouvait inviter des abus[12] mais dans certains églises (aux revenus modestes) ce genre d'arrangement pouvait convenir à tous. Ce dont je veux attirer l'attention ici est le pourcentage des revenus dévoué aux pauvres. Très peu de nos assemblées évangéliques francophones pourraient se vanter d'en faire autant. À mon sens cela implique une conception assez différente de ce qu'est l'église et son rôle social. Songez aussi que ces chiffres proviennent d'une époque où déjà l'Église avait fait bon nombre de compromis avec le pouvoir romain suite à la légalisation du christianisme par l'empéreur Constantin. Sans doute d'autres églises étaient encore plus généreuses à l'égard des pauvres et des nécessiteux. À notre époque, bien souvent la construction d'édifices impliquant des frais dépassant les moyens de l'assemblée monopolise tous les ressources financiers disponibles. On a développé l'attitude que construire des édifices c'est l'oeuvre de Dieu... Alors, il ne reste plus rien pour s'occuper de l'église (les gens). Se pourrait-il qu’un grand nombre de pasteurs soient tombés dans le piège de croire que l’Eglise est d'abord un édifice, et de regarder aux chrétiens en second plan seulement ? L’Esprit saint ne nous dit-il pas plutôt que ce sont les êtres humains qui doivent avoir la priorité, et non l’immobilier? Réfléchir à de telles questions est évidemment pénible mais peut être pas inutile…

Une autre ligne de défense qu'on cite pour défendre l'enseignement de la dîme dans nos églises, eu égard au peu de versets qui le mentionnent dans le NT, c'est "l'argument du silence". D'après cet argument qui constate que la dîme n'est pratiquement pas mentionnée dans le NT, cela n'implique pas qu'elle y soit remise en question. Par exemple le NT ne défends pas explicitement le meurtre (c'est-à-dire que... 1 Jn.3: 15) mais on sait bien qu'il ne conteste pas ce principe. D'où l'implication que s'il n'y a pas de contradiction, dans le NT, d'un principe déjà établi dans l'AT, on peut supposer que le principe demeure valide. Dans ce contexte, silence égale appui du principe.

À première vue cela peut paraître acceptable mais il y a des endroits dans le NT où l'absence de mention de la dîme devient trop gênante. Tout d'abord si l'on regarde du coté des épîtres de Paul à Timothé et à Tite qui sont, rappelons-le, des lettres écrites d'un pasteur à un autre (ou peut-être plus précisément d'apôtre à pasteur). On ne rencontre rien dans ces lettres au sujet de la dîme, pas un mot. Pourtant ce sont justement des choses qui "se disent bien" entre pasteurs. D'autre part on constate de temps en temps ce genre de chose chez nous; un pasteur en visite donne "un coup de main" à son confrère en glissant un mot au sujet de la dîme à travers son sermon, en supposant (faut croire) que le service sera réciproque éventuellement lorsque son hôte sera à son tour en visite chez lui. Tout ça ça fait plus "objectif" venant de la bouche de quelqu'un d'autre. J'ai une imagination fertile évidemment. Pourtant si ces épîtres avaient été écrites par un pasteur pentecôtiste de de notre génération il n'aurait jamais pu résister d'y insérer au moins une recommandation de "Leur enseigner la joie de la dîme."

D'autre part si l'on regarde toutes les autres épîtres de Paul, Jean, Pierre, Jacques et Jude qui sont adressées à des églises, leur exhortant, encourageant et leur consolant, mais qui en bonne partie traitent de l'état de ces assemblées (on pense aux Corinthiens avec tous leurs problèmes) que d'occasions en OR de leur rappeler à leur "premier amour" ... pour la dîme. Et pourtant jamais un mot à ce sujet-là dans toutes ces épîtres. Paul, en parlant aux Romains de toutes sortes de considérations très pratiques, leur dit (13: 6-7)

Mais la dîme fait tellement partie de nos traditions évangéliques actuelles qu’il est pratiquement inconcevable qu'un pasteur évangélique de notre génération ait pu écrire des lignes semblables sans oublier d'y insérer quelque chose au sujet de la dîme. Si l'on regarde ailleurs que dans les épîtres il y a d'autres événements, décris par les Actes, qui, eux aussi laissent à réfléchir sur la "place" de la dîme parmi les premiers chrétiens. D'abord dans les Actes 2: 42 où on note au sujet de l'assemblée de Jérusalem qu'"Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières." Ce verset, on le sait tous, décrit effectivement un idéal de la vie d'une assemblée et curieusement, pas un mot ici au sujet de la dîme... Un de nos pasteurs d'aujourd'hui aurait sûrement noté s'ils étaient fidèles à la dîme, et c'est probable que cet item aurait apparu en début de la liste !

Un autre moment de la vie de l'Église primitive où la question de la dîme aurait être discutée (d'un point de vue pentecôtiste) et ne l'a pas été c'est lors de la conférence de Jérusalem où le problème de la circoncision fut discuté (Actes 15: 1-35). En ce qui concerne la question de l'importance de la dîme dans le NT ces passages m'apparaissent cruciaux car on ne discute pas de n'importe quoi ici, mais de déterminer ce que le christianisme naissant devait retenir (et imposer) de la Loi de Moise et de la tradition juive. Dans cette conférence tout l'avenir des chrétiens gentils et NOUS aussi a été déterminé. Une occasion rêvée pour discuter de la dîme quoi... et pourtant pas un mot. Si l'on pense à toutes les règles imposées par la loi de Moïse et en plus de toutes celles inventées par les pharisiens il est quasi-incroyable que ces apôtres, pourtant presque tous juifs, n'aient imposé aux chrétiens non-juifs, dans leur lettre, que peu de choses.

Se peut-il qu'on nous impose autre chose que ce que les apôtres ont cru "nécessaire" ? Regardons ce que nous dit Jésus dans l'Apocalypse (chap. 2 et 3). Lorsqu'il s'adresse aux Sept Églises concernant leurs comportements et attitudes, bien qu'il leur fasse de nombreuses reproches et. à certaines, des louanges il ne dit jamais un mot sur la dîme. Comment faut-il comprendre ce silence de la part du Seigneur ? Je crois qu'il existe deux alternatives seulement.

    1. Ils étaient tous parfaits sur ce plan-là et que c'est pour cette raison que le Seigneur ne le mentionne pas.
    2. La dîme n'a jamais été demandé; ni par le Seigneur ni par les Apôtres et n'a jamais été pratiqué par les premiers chrétiens (sous la forme que nous connaissons dans nos milieux évangéliques d'aujourd'hui).

Prenons d'abord la première solution. Si tous ces églises pratiquaient la dîme, et ce, sans faute, comment se fait-il que le Seigneur ne loue pas au moins une de ces églises pour ce bon comportement (comme il le fait sur d'autres points comme leur fidélité à la vérité [2:2], ou leur détermination à le suivre même dans l'épreuve [2:9]) ? Il y a une alternative que je n'ai pas mis en liste, car elle s'élimine d'elle-même. Si on considère que la dîme était enseigné et qu'il s'y trouvaient des églises qui la négligeaient, comment expliquer le silence du Seigneur sur ce point ? Il ne se gène pas pourtant de leur parler sans détours sur bien d'autres points ! Bon, disons qu'il s'agit d'un "oubli" de sa part... Dans les lettres aux églises de l'Apocalypse donc, on ne retrouve ni critiques d'églises négligeant la dîme ni louanges d'assemblées qui étaient fidèles à ce "principe". Rien qui ressemble à Malachie 3: 10. Rien du tout ! Parfois le silence parle si fort... Non, si on veut être sérieux, on ne peux croire que la dîme était quelque chose que le Seigneur ou les Apôtres ait demandé ou enseigné.

À mon avis "l'argument du silence" n'est rien de plus qu’un moyen de faire dire n'importe quoi à la Bible, tandis que pour le peu que je connaisse des principes d'exégèse[13] biblique, je sais malgré tout qu'il faut plus d'un verset pour établir une doctrine et que pour ce faire il faut que ces versets soient supportés par leur contexte. Trouve-t-on un support comparable, dans le Nouveau Testament, pour le parler en d'autres langues et pour la dîme ?? Pas évident…

Certains admettent bien que le NT ne dit pas grand chose au sujet de la dîme, mais ô découverte !, il semble qu'on peut "sauver les meubles" en notant qu'il parle plutôt de libéralité... Et "évidemment" la libéralité implique plus que 10% !! Est-ce de cette manière qu'on va "sauver les meubles"? Cet argument n'est pas très convaincant non plus car si l'on considère que sur huit versets mentionnant la libéralité dans le NT six parlent clairement de dons faits envers des frères et des sœurs dans le besoin (1Cor.16: 3; 2Cor.8: 2,9: 5,11,13; Heb.13: 16) et non pas à une machine administrative et immobilière. Seuls Rom.12: 8 et 1Tim.6: 18 sont moins précis sur ce point mais s'il faut se fier à l'exemple établi par l'église de Jérusalem (Actes 4: 32-37) la majorité des dons en argent remis à l'église servaient à l'aide des pauvres parmi les chrétiens (et aux salaires des apôtres... faut croire), du moins c'est de cela qu'on se vante. Peut-on en faire autant ?? Il semble que la vision administrative de l'Église Primitive et celle d'aujourd'hui diffèrent beaucoup. Si on est honnête, à mon avis on ne peut utiliser ces versets pour appuyer l'enseignement sur la dîme sans abuser la Parole, sans le mouler dans une forme qui ne lui va pas.

Un autre argument "important" fait en faveur du "principe" de la dîme dans le contexte du NT c'est l'idée qu'elle n'a pas été abolie avec la loi car il date avant la loi. Le pamphlet Dîme et Offrandes indique:

Comme nous avons pu le voir déjà le support apporté par Jésus au "principe" de la dîme est des plus minces et, au mieux, indirecte. Si l'on cherche ailleurs dans le NT un support directe pour la dîme on n'en trouve simplement pas. D'autre part si l'on retourne dans l'AT, avant l'établissement de la loi de Moïse, il n'y a pas que la dîme. Comme la dîme, la circoncision et le sacrifice d'animaux datent aussi de cette période. Parmi les trois, le sacrifice d'animaux est le plus ancien (il en est question immédiatement après la chute dans Gén.4: 4). Il s'agit du sacrifice d'Abel. Vient ensuite la dîme, qui apparaît au moment où Abraham donne au sacrificateur Melchisédek la dîme du butin de sa guerre contre les rois alliés à Kedorlaomer (Gén.14: 20). En dernier, apparaît la circoncision (au moment où Dieu fait alliance avec Abraham dans Gén. 17: 9-14). D'ailleurs ce n'est pas un détail insignifiant que la circoncision ait été établie au moment où fut conclue une alliance entre Dieu et Abraham, car de ces trois institutions juives, seule la circoncision a été le résultat (et le symbole) d'une alliance. C'est aussi la seule de ces trois institutions que Dieu lui-même a demandé avant la loi (il se peut que ce soit aussi le cas pour le sacrifice d'animaux, mais ça n'est pas clair dans le texte de Gén.4: 3-7). A mon sens ces faits jettent un lumière intéressante sur le débat en Actes 15 qui a porté sur la circoncision et non pas sur la dîme ou le sacrifice d'animaux qui, eux aussi pourtant, sont apparus avant la loi.

Rien n'indique que Dieu ait demandé la dîme de manière régulière avant l'établissement de la loi. Elle apparaît bien sûr, mais c'est le résultat de l'initiative des hommes et non pas le résultat d'un commandement de Dieu. Rien n'indique dans la Parole qu'Abraham ait donné sa dîme plus qu'une fois dans sa vie. Jacob, la Parole nous l'indique (Gén. 28: 22), a promis à l'Éternel de lui donner sa dîme s'il lui donnait du succès dans son voyage. Étant donné que les sacrificateurs ne courraient pas encore les rues il faut aussi se poser la question: "A qui Jacob a-t-il pu donner sa dîme?" Vraisemblablement ce fut aux pauvres et nécessiteux qui l'environnèrent. Comme Jésus le dit bien d'eux: "Vous les aurez toujours." Job aussi, qui a vécu comme Jacob à l'époque précédant l'établissement de la loi, s'est vanté, au cours de son épreuve, d'avoir secouru les pauvres et les nécessiteux (Job 29: 12-17), non pas d'avoir donné sa dîme.

Une chose que j'ai déjà entendu parmi nous et que j'espère ne plus jamais entendre c'est qu'il est bon de donner sa dîme même si l'on est sur l'assistance sociale ou même si on a de la misère à mettre trois repas sur la table par jour. A la défense de telles demandes on cite Jésus qui loua la pauvre veuve en Marc 12: 41-44 qui mit dans le tronc deux petites pièces de monnaie, bien que ce fut de son nécessaire et aussi Paul louant en 2 Cor.8: 2-3 les "riches libéralités" des Macédoniens qui ont donné "au-delà de leurs moyens". Bien sûr qu'ils louèrent ces actes. Gloire à Dieu pour ces pauvres généreux ! Mais je peux difficilement imaginer que Jésus ou Paul auraient loué ceux qui auraient sollicités et cajolés ces personnes afin de leur extraire leur derniers sous… Ceux qui aiment citer cette histoire de la pauvre veuve qui mit ses derniers sous dans le tronc (Marc 12: 41-44) devraient réfléchir aux paroles de Jésus qui précèdent immédiatement ce récit.

Une telle attitude de sollicitation financière sans bornes vient directement à l'encontre du principe établi dans 2 Cor. 8: 12-15:

Si l'apôtre dit bien ici de ne pas "s'exposer à la détresse pour soulager les autres...", combien moins doit-il en être question s'il s'agit que de factures et de dépenses d'institutions (dès que les salaires sont payées). Qu'est-ce qui importe le plus, des frères ou des machines administratives ?? Malheur à nous si notre conscience est morte au point d'aller extraire les derniers sous des pauvres pour financer nos grands projets immobiliers tandis que rien ne manque à la maison !! Si Jésus ou Paul auraient vu ça ils auraient probablement repris les paroles d'Exéchiel (22: 25,27,29):


Mot de la fin ?
Quelle direction devrait-on prendre maintenant en tant qu'assemblées et individus ? Le chrétien ordinaire doit-il cesser de supporter son assemblée ? Que nous dit au juste le Nouveau Testament sur ce point ? Si on met de coté la doctrine de la dîme, il demeure tout de même ce qui est établi dans 1 Tim.5: 17-18 "...Que l'ouvrier mérite son salaire." Bien que mes remarque jusqu'ici peuvent sembler "anti-clericaux" je veux signaler et souligner le fait que lorsque les finances d'une assemblée sont en difficulté, le salaire du pasteur devrait être la dernière chose à sacrifier du coté du budget et non la première. Le rôle d'un pasteur impliqué, intègre n'est pas périphérique et ll est légitime de reconnaître cette importance de manière pécunière. Notre siècle cultive l'individualisme, mes droits, mes besoins, mes désires, mes projets, mes caprices, etc. etc. L'esprit du siècle nous dit, comme dans les annonces de produits l'Oréal, "Je le mérite bien !" Ouais, certainement, mais Dieu seul sait ce que l'on mérite vraiment… L'esprit des Évangiles est tout autre. Galate 6: 6-10 dit au chrétien ordinaire:

L'épître de Tite 3: 13-14 nous indique qu'il faut supporter "de tels ouvriers".

Oui, il faut porter du fruit en tant que chrétien. Il faut rendre compte des grâces qu'on a reçusé En d'autres mots si une personne dit qu'il aime le Seigneur et que cette déclaration n'a aucune influence réelle sur son portefeuille et que cela ne lui incite pas à la générosité envers ceux qui le nourrissent spirituellement et aussi envers des frères ou sœurs dans le besoin il ne peut être autre chose qu'un hypocrite[14]. Il y a toujours deux cotés à une pièce de monnaie. Il arrive aussi que des pasteurs (et leur familles) souffrent inutiliement sur le plan financier car le conseil de l'église a déterminé qu'un salaire décent était de "trop". Si j'ai donné l'impression que les torts étaient toujours du coté pastorale, ce n'est évidemment pas le cas. Nous vivons en Occident dans une époque de plus en plus individualiste. Nous sommes de grands individus. Nous sommes les serviteurs du grand MOI. Tout le reste doit y plier et s'y soumettre. Toutes nos industries de marketing et de la consommation en font la promotion, voir même notre théologie. C'est le veau d'or élévé par la génération des baby-boomers…

Les grands projets politiques ou collectifs n'ont plus la cote. Les grands élans patriotiques et nationalistes sont à la merci du confort individuel. Ici au Québec, nous en savons quelque chose. Denis Arcand, qui a tourné le film Le Confort et l'Indifférence en sait quelque chose. Mais dans nos vies chrétiennes il faut admettre que la chose a une certaine influence aussi car notre génération s'identifie très difficilement à autre chose hors du petit moi adoré… Parler de "mon église" signifie-t-il encore quelque chose de concret ? Nos engagements visà-vis nos églises (tout comme ceux envers nos époux ? pensez au taux de divorce chez les évangéliques) sont trop souvent conditionnels. Trop facilement remis en question. Il faut que ce soit payant, qu'on y trouve notre compte. Lorsque vient le temps rendre à Dieu son dû, cela est aussi conditionnel, lié à notre humeur ponctuelle, fonction du sourire que le pasteur nous a fait (ou non) ce matin-là ou au plaisir très subjectif que l'on peut avoir d'être assis sur notre banc d'église. On aime bien se dire appartenir à l'Église universelle, l'Église invisible. Que de déclarations faciles… Mais s'identifier à une église où il y a des gens comme toi et moi qui ne sont pas encore tout à fait sanctifiés. Qui sentent mauvais parfois, qui disent des choses qu'on aime pas, qui nous font des choses qu'on n'apprécie pas, qui ne votent pas pour le même parti politique que nous, qui ont un PC plutôt qu'un Mac… On ne tolère pas de telles choses. Tout comme aimer la femme ou l'homme idéal, aimer l'Église invisible est chose facile, puisqu'il s'agit d'un élément tiré de note imagination, un aspect de nous mêmes en somme. Mais si on désire approfondir notre amour, que ce soit dans notre couple ou dans notre relation avec l'Église locale on sera inévitablement confronté aux faiblesses et défauts de l'autre parti ainsi que les notres. C'est le processus de sanctification. Personne n'y échappe. L'Apôtre Jean nous donne une mesure très simple et très terre-à-terre de notre amour.

Un autre point que l'on peut considérer dans cette discussion (mais qui est secondaire par rapport à ce que la Parole nous dit) c'est la question des pratiques de support financier dans l'Église primitive. Il y a-t-il des informations historiques qui laissent croire que les chrétiens des premiers siècles pratiquaient la dîme (ou qui le réclamaient de manière active) ?? J'ai fait certaines recherches et jusqu'ici je dois avouer que la réponse est négative. La "Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible" par Tenney et Barabas indique que parmi les premiers chrétiens la dîme n'était pas pratiquée ou enseignée. Ils notent (1977: p. 758, vol. 5):

Pour sa part, en discutant de la dîme parmi les premiers chrétiens Giles Constable[15] remarque:

Henri Marion[16] , un auteur français, indique:

George FoxApparemment, après le IVe siècle, on retrouve certaines indications qui démontrent que les chrétiens donnaient la dîme. Ça peut constituer un certain appui, mais il reste que c'est pas très réjouissant pour des évangéliques, car c'est aussi à cette époque que le christianisme s'est identifié de plus en plus au pouvoir et aux pratiques administratives de l'empire romain (c'est-à-dire à la ville de Rome et au pouvoir politique romain). C'est à cette époque que le christianisme est devenu religion d'État. Au Moyen Age l'église catholique levait la dîme, et ce, appuyé par le pouvoir d'État[17]. Même les Protestants et les Juifs y étaient soumis[18]. Plus près de nous les Quakers, qui, comme les évangéliques sont issues de la Réforme, se sont toujours opposés à payer la dîme à quiconque, même à leurs propres ministres. D'ailleurs on les a persécutés sur ce point et les Anglicains ont levés de force sur eux la dîme et certains sont allés en prison et y sont morts à cause de cette opposition. George Fox, le fondateur des Quakers a été interné à plusieurs reprises dans sa vie et un des motifs d'emprisonnement a été le refus de payer la dîme à l'église anglicaine officielle. Les Puritains[19] se sont opposé à la dîme aussi.

Si on décide qu'il faut enseigner et appliquer la dîme il y a un problème sur lequel il faut réfléchir. Le voici: La dîme, tel qu'on nous l'enseigne, fait partie de la loi, et comme tel on peux très bien se demander pourquoi les chrétiens évangéliques ne seraient pas tenus d'appliquer les autres aspects de la loi aussi ?? D'autres aspects moins "payants" par exemple ?? Les chrétiens du Nouveau Testament en Galatie ont été confronté à ces problèmes et l'apôtre Paul leur a écrit ce qui suit et leur précise quels sont les conséquences d'une telle perspective.

On doit se demander, s'il en est ainsi de la circoncision qu'on nous donne des raisons bibliques de croire que le même raisonnement de s'applique pas à la dîme.

Un ami m'a mentionné qu'il avait demandé à un rabbin juif pourquoi, de nos jours, les membres de sa synagogue ne donnent plus la dîme. Le rabbin lui a répondu que la dîme servait essentiellement pour le support des prêtres dans le temple. Étant donné que le temple n'existe plus, les Lévites peuvent maintenant gagner eux-mêmes leur vie, d'où ils n'ont pas besoin de la dîme. Le rabbin a ensuite indiqué que partout dans le monde, les synagogues sont supportés par des offrandes et rien d'autre. Il y a lieu de se demander que si même les Juifs considèrent que la Loi ne s'applique plus à eux, pourquoi les chrétiens devraient y être soumis ??

A mon sens si l'on insiste absolument à parler de dîme qu'au moins ça soit la dîme véritable telle qu'établie dans l'AT et non pas une concept de la dîme manipulé pour répondre aux circonstances financières des adminstrateurs de nos églises locales ou de nos dénominations... Lorsqu'on songe à notre situation actuelle, il n'est pas exclu de penser qu'aujourd'hui l'église évangélique s'est écartée de son appel et s'est introvertie, pour construire parfois des monuments grandioses à bêtise humaine, plutôt que répondre aux commandements de Dieu. Bigger is Better ! pas toujours… Si on a si peu d'appuis dans le Nouveau Testament pour la pratique de la dîme au sein de l'église primitive n'est-on pas dans une situation comparable à l'Église Catholique qui s'est érigé une tradition qu'elle a mise au même niveau que la Parole de Dieu ? On peut penser aux pratiques comme la prière aux Saints ou le baptème des enfants que les catholiques justifient avec des versets bibliques hors contexte. Quand on inclut la dîme dans la déclaration de foi de la AdPC/POAC fait-on vraiment mieux ? Il faut être assez honnête, je crois, et admettre que non. En terminant je veux signaler que je suis prêt à admettre malgré tout, il se peut que je me trompe sur certains points, mais que jusqu'à ce jour on ne m'a pas donné raison de changer d'opinion. Je suis prêt à réexaminer mes positions, mais qu'on me le montre dans la Parole !! En terminant je veux vous laisser avec une pensée de Francis Schaeffer (1982/94: 61)

Pour certains, j'en conviens, la dîme fait non seulement parti des meubles, de nos traditions évangéliques, mais constitue simplement un impératif économique. Impossible de s'en passer, un peu comme le drogué qui ne peut traverser une journée sans sa "dose", nos églises ne pourraient survivre sans elle. Mais avec quoi veut-on construire l'Église ??? Autrement comment survivre financièrement ??? Mais songez à ceci...

Un jour tous devrons rendre compte de ce qu'on a fait ici-bas pour construire le royaume de Dieu. Cela vise aussi bien le laïque qui songe à garder pour lui la part que Dieu lui demanderais (s'il avait des oreilles pour entendre), que le membre du clergé qui songe à promouvoir ses projets si importants en allant au-delà ce que réclament les Écritures. Au jugement final tous auront des comptes à rendre.


Annexe: Liste des versets sur la dîme




Dîme: Gén. 14: 20; Gén. 28: 22; Lév. 27: 20, 30, 32 et 32; Nom. 18: 21, 26; Deut. 12: 17; 14: 22-25, 28; 26: 12; 1 Sam.8: 15 et 17; 2Chron. 31: 5-6 et 12; Néh. 10: 37-38; 13: 5, 12; Matt. 23: 23; Luc 11: 42; Luc 18: 12; Héb. 7: 2, 4-6, 8-9


Dîmes: Nom. 18: 24, 28 et 30: Deut. 12: 6 et 11; 26: 12; Néh. 12: 44; Amos 4: 4; Mal. 3: 8 et 10


Notes

[1]- Et ceci est tout aussi vrai pour ce qu'enseigne le pasteur de son église locale que pour l'hiérarchie de sa dénomination... Aucun des ceux-ci ne sont au-dessus de la Parole.

[2]- On retrouvera dans la section ci-dessus une liste de versets sur la dîme dans la Bible.

[4]- Que le roi prenne une dîme aussi est annoncé par Samuel comme un fait, une constat. C'est simplement la conséquence de leur demande. Faire des levés de fonds c'est ce que font les rois. Rien dans ce verset laisse entendre que Dieu commandé à son peuple de donner la dîme au roi. Faut dire que l'idée d'un roi ne venais pas de Lui de toute façon. Samuel envoie ce discours dans un style "Vous voulez un roi? Arrangez vous avec vos troubles..." Ceci dit, cela ne tranche pas la question s'il y avait bel et bien 3 dîmes dans l'Israël antique ou qu'une.

[5]- Pour ne donner qu'un exemple Héb. 7: 18-19 dit: "Il y a ainsi abolition d'une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, car la loi n'a rien amené à la perfection, et introduction d'une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu."
Ce texte a aussi une porté sur notre discussion. Je vous laisse réflechir là-dessus...

[6]- Ça parait plus terrible à dire que ça l'est en réalité, car je suis sûr que la dîme ne s'est pas toujours retrouvée dans ce texte (lorsqu'on l'a rédigé au début du mouvement de la pentecôte, au début du siècle. On devait avoir d'autres chats à fouetter...). D'ailleurs ça n'apparaît qu'à la toute fin, comme rajouté par après.

[7]- D'apès ce que j'ai pu savoir chez les Baptistes on enseigne la dîme de la même manière que dans les églises de la Pentecôte, mais ailleurs comme chez les Frères en Christ, on ne l'enseigne pas.

[8]- C'est-à-dire de les sortir de leur contexte.

[9]- Francis Schaeffer remarque que l'interprétation dont font beaucoup de dénominations évangéliques de ce verset est symptôme d'un éloignement du sens original la Parole (1982/94: 61)

tiré de The Complete Works of Francis Schaeffer. Vol. 4 Crossway BooksWheaton IL

[10]- C'est-à-dire pouvoir aux besoins de chrétiens bien ordinaires qui mourraient de faim et non pas subventionner le chiffre d'affaires d'une corporation ecclésiastique.

[11]- Voir p. 190 in Dowley, Tim. (éd.); Briggs, John H. Y.; Linder, Robert D.; Wright, David F. "Eerdman's Handbook to the History of Christianity." Eerdmans Grand Rapids MI 1977/1987 656 p.

[12]- Surtout dans le cas de grandes assemblées.

[13]- Interprétation.

[14]- Je pense qu'on peut facilement appliquer ce que dit Jacques à ce contexte (2: 17-20):

[15]- Dans Monastic Tithes: From Their Origins to the Twelfth Century. Cambridge University Press 1964 346 p.

[16]- Dans La dîme ecclésiastique en France au XVIIIe siècle et sa suppression. Slatkine-Megariotis Reprints, Genève 1912/1974 403 p.

[17]- En Europe c'est Charlemagne qui a rendu la dîme une obligation légale, appuyé par l'État.

[18]- Voir à la p. 28 de P. Gagnol: La dîme ecclésiastique en France au XVIIIe siècle. Slatkine-Megariotis Reprints, Genève 1911/1974 433 p.

Pour la France on indique dans Gagnol (p. 23-24):

[19]- Voir aux pp. 17 et 36 dans Eric J. Evans: The Contentious Tithe: The tithe problem and English agriculture, 1750-1850. Routledge & Kegan Paul, London 1976 185 p.

[20]- Tiré de The Complete Works of Francis Schaeffer. Vol. 4 Crossway Books Wheaton IL


Une discussion intéressante sur la dîme et les questions financières

L'argent, un enjeux spirituel, no. 153 (Revues Promesses)

Ressources en anglais

Dr. James Bollhagen
Tithing: The 10% Rule and the Church: A Topical Summary for "Issues, Etc."
Broadcast July, 2001

Pentecostal Assemblies of Canada
Statement of Fundamental & Essential Truths - PDF

Perks, Stephen
Clergymen II. Parekbasis Blog October 23, 2012