Vie chretienne Cosmos Arts Engin de recherches Plan du site

Samizdat

Je souffre donc je suis, par Pascal Bruckner

 




Je souffre donc je suis: par Pascal BrucknerPaul Gosselin (6/2/2026)

Ce titre, avec son clin d'œil à Descartes[1], tombe pile. Bruckner a tout à fait raison de signaler que dans cette génération, l'état de victime, ou pour parler plus précisément, l'attribution du statut de victime par la société, est devenue pour plusieurs en Occident postmoderne un trait central de leur identité.

Cela rappelle une anecdote personnelle. En octobre 2007 j'ai présenté un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor (Accommodements raisonnables) offrant une critique du cours Éthique et culture religieuse et de son l'imposition unilatérale par des technocrates du gouvernement du Québec sur TOUS les étudiants du système scolaire québécois, au mépris des droits des parents. Ma présentation a suivi celle de l'évêque Marc Ouellette (maintenant cardinal) et a précédé celle du chef Huron Max Gros-Louis. Le discours de monsieur Gros-Louis fit un étalage des torts historiques des blancs à l'égard des Premières Nations au Québec. J'ai eu envie d'approcher monsieur Gros-Louis après son discours, mais intimidé par tous ces notables, je ne l'ai pas fait. En somme, si cette liste de torts subis par les Premières Nations était tout à fait fondée et véridique, j'aurais voulu rappeler à monsieur Gros-Louis le piège que comporte ce statut de VICTIME, car si on en fait un élément central de son identité, cela vous réduit à un rôle passif, attendant un Autre, un sauveur, qui vient bander vos plaies et régler vos problèmes[2]. C'est un cul-de-sac. Ça tue l'initiative et ferme les yeux sur les opportunités que comporte sa situation.

Bruckner propose donc une excellente analyse du concept de victime. L'approche semble davantage psychologique. Examinant les facteurs qui ont contribué à diffuser ce concept, Bruckner note (p. 27) que le projet des Lumières, rejetant le concept chrétien d'un bonheur céleste dans une autre vie, a proposé un bonheur terrestre, ici-bas. Dès lors, cela introduit (implicitement un droit au bonheur) et de ce fait, si on n'est pas heureux, alors nous serons dans nos droits de nous sentir lésés... Dès lors, il n'y a qu'un pas pour chercher QUI nous a lésé. Puisque pour l'héritier des Lumières et le progressiste il n'y a pas de salut dans l'autre monde, ce questions sont alors révêtus d'une importance qu'ils n'auraient pas pour le chrétien.

Autre facteur qui favorise la diffusion du concept de victime en Occident est le fait, comme le note Bruckner, que ce concept confère un titre de noblesse (un peu bidon), mais titre ou statut qui a le potentiel d'être rentable sur le plan juridique. Il en découle, comme le note Bruckner (2024: 70-71) :

Comme le soulignait le discours du chef Max Gros-Louis, le statut de victime est également rentable sur le plan politique, car les victimes peuvent exiger des égards et des réparations pour les torts qu'ils ont subi dans le passé. Le statut de victime attire donc l'attention, qui dit attention, dit aussi influence[3]... Bruckner note qu'un point où le statut de victime joue à fond est dans certaines formes de féminisme. Voici comment cela se répercute sur les rapports hommes/femmes (2024 : 159-160)

Mais il y a un piège dans l'idéologie victimaire que Bruckner explore plus loin, c'est que le statut de victime comporte l'avantage que l'on ne puisse jamais remettre en question le comportement ou les attitudes d'un groupe qui a statut de VICTIME. Bruckner observe (2024 : 285)

Et c'est ce détail qui aboutit à infantiliser tous ceux qui s'attachent aux statut de victime. La logique victimaire veut qu'on ne peut jamais exiger qu'une victime reconnaisse ses mauvais comportements ou mauvaises attitudes. En effet, on ne peut exiger qu'une victime rende compte de ses gestes[5]. Dès lors, la victime est un éternel enfant qu'il faut toujours excuser.

Ça m'a quelque peu étonné que Bruckner n'ait pas examiné le statut de victime exploité comme arme politique ou idéologique. Examinons un moment une hypothèse ouvertement complotiste. Disons que vous faites partie d'une élite et que vous avez identifié certains groupes avec lesquels vous avez des antipathies idéologiques. Ce sont donc vos ennemis. Cherchant à rentabiliser le concept de victime, vous identifiez d'autres groupes amis, opposés à vos ennemis (peu importe les motifs de ces amis) et vous donnez alors à ces groupes amis le statut de victime. Par la suite, en favorisant la cause de ces groupes amis (grâce aux amis dans les médias) et en leur donnant des droits (grâce aux amis en politique ou dans le système juridique) vous serez alors capable de nuire à vos ennemis et étouffer leur influence, mais cela sans vous jamais salir les mains, sans envoyer de Chemises brunes[6] leur taper dessus. Cela comporte l'avantage supplémentaire de dresser des tiers contre vos ennemis ce qui évite tout lien avec cette élite qui tire les ficelles. D'autre part on peut prévoir que lorsque ces groupes amis ne seront plus jugés utiles, alors ils seront, brutalement et sans remords de conscience, largués.Tout cela reste fictif, à moins qu'il existe des élites dotés d'un tel pouvoir médiatique, politique et juridique... Évidemment, touchant mon hypothèse, toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une coïncidence extraordinaire. Vous avez tout compris. Dès que j'aurai claqué des doigts, vous aurez oublié ce paragraphe que vous venez de lire.

Si une culture où persistent encore quelques traces d'influence judéo-chrétienne peut tenir pour acquis le devoir moral de reconnaissance des fautes, c'est-à-dire le principe de la repentance, il ne faut PAS être naïf au point de penser que d'autres systèmes de croyances font cette même exigence morale. Ce n'est PAS le cas. C'est une chose qu'a découverte le scientifique d'origine britannique, A.E. Wilder-Smith. Lors d'un séjour de recherche en Turquie, Wilder-Smith fut confronté à l'attitude musulmane touchant ces questions. Un jour, un de ses collègues de recherche musulmans lui demanda de faire l'achat pour lui de produits chimiques qu'il avait besoin pour ses recherches, des produits disponibles seulement en Europe, lui promettant de payer. Lors d'un voyage en Suisse, Wilder-Smith fit l'achat des produits demandés, mais à son retour, le collègue refusa de payer et refusa également de reconnaître qu'il s'était engagé à cet égard. Puisque ce collègue refusait de payer, Wilder-Smith garda les produits et les vendit à d'autres, prêts à payer. Dans ses mémoires, Wilder-Smith relate ce qui suit au sujet de cet épisode (1998 : 369-370):

Et si ces attitudes et comportements valent pour le musulman individuel, cela vaut aussi pour les nations où domine l'Islam. Cela explique d'ailleurs l'indifférence résolue de la Turquie à rejeter toute reconnaissance des faits touchant le génocide arménien en 1915-1916[7]. Il est amusant de voir les musulmans en Occident jouer la carte de victimes et culpabiliser les Occidentaux postmodernes avec le concept bidon d'Islamophobie[8], mais ne tentez jamais de culpabiliser un musulman au sujet de ses attitudes ou comportements. Discutant des idéologues de la décolonisation, Bruckner fait brièvement allusion à cette particularité de l'Occident (2024 : 100)

Tous les peuples, tous les empires sont capables de la même ignomine, telle est la terrible vérité que nous affrontons depuis les indépendances : le seul tort de l'Occident est d'avouer ses forfaits quand les autres les dissimulent.


Pour tout avouer...

Cette question soulevée par Bruckner est intéressante. D'où vient-il en effet que l'Occident ait ce réflexe moral d'avouer ses forfaits ? Manifestement cela n'a rien à voir avec l'influence des Lumières, mais a sa source dans le système moral judéo-chrétien. Chez les Juifs, cela s'enracine dans le système de sacrifices établis par Moïse où chacun devait offrir des sacrifices symbolisant un aveu public de ses fautes. La fête du Yom Kippour est une autre expression de ce devoir moral de confession de fautes. La Torah établit aussi, dans le cas de fautes interpersonnelles, le principe de restitution avec compensation. “ Si un homme dérobe un boeuf ou un agneau, et qu'il l'égorge ou le vende, il restituera cinq boeufs pour le boeuf et quatre agneaux pour l'agneau. ” (Exode 22: 1) Et en parallèle avec le pouvoir politique des rois d'Israël qui sont décrits dans le Tanakh[9], il y avait les prophètes qui rappelaient aux rois et au peuple leurs fautes et les sommaient de se repentir. Et chez les chrétiens, dans le Nouveau Testament, Jean-Baptiste fait partie de cette tradition. L'Évangile de Luc, offre un cas classique de ce principe. Il s'agit du récit de Zachée, ce fonctionnaire corrompu, méprisé et collabo, un individu considéré irrécupérable, offre une illustration de confession de fautes et de restitution/repentance en action :

Et le but visé par la restitution/repentance chrétienne est simplement la réconciliation de cette famille humaine si profondément dysfonctionnelle. Et tant dans le Tanakh que le Nouveau Testament, les appels à la conscience morale touchent la question d'une culpabilité potentielle.

Ainsi pendant des siècles, les prédicateurs chrétiens ont martelé ce concept qui s'est lentement enraciné dans la conscience collective de l'Occident. Ailleurs ce n'est pas le cas. Ainsi, ces considérations expliquent pourquoi l'Occident est si vulnérable à l'idéologie de la victime qui est le sujet du livre de Bruckner, tandis que d'autres civilisations lui sont manifestement imperméables. À ce titre, on peut penser à la stratégie de Hamas qui exploite régulièrement les souffrances de sa population comme outil de propagande pour ternir la réputation d'Israël. Réduite à sa plus simple expression, cette stratégie de victimisation/boucliers humains implique utiliser la moralité de son ennemi contre lui. Mais si on lit même distraitement l'histoire militaire, il est difficile de concevoir le succès d'une telle stratégie contre, par exemple, les Romains à l'époque classique ou les Mongols[10] au Moyen Âge. Non, ni l'un ni l'autre n'auraient eu aucun souci de la convention de Genève et auraient ri aux larmes si un adversaire militaire avait tenté de faire appel à des civils comme boucliers humains dans le but de les intimider ou discréditer leurs interventions.

D'autre part, l'Ancien Testament rejette explicitement le concept woke/progressiste d'un péché transmis génétiquement[11] comme la White Priviledge ou culpabilité blanche[12]. La repentance woke n'a rien à voir avec tout ça. La repentance woke n'est que l'expression publique d'un dogme qui divise et empoisonne les rapports sociaux (selon le lotto arbitraire de la couleur de la peau ou de l'appartenance culturelle) entre oppresseurs et oppressés. Ce dogme n'offre aucune voie de réconciliation... Le philosophe de la science Karl Popper, qui a longuement réfléchi au totalitarisme dans son La société ouverte et ses ennemis, fit les observations suivantes touchant la contribution du christianisme à l'héritage culturel et politique de l'Occident (1945/1979, v.2: 180-181) :

Un autre morceau du puzzle qui explique la vulnérabilité de l'Occident à l'idéologie de la victime a sa source dans son rejet de de la vision hiérarchique si commune dans le monde pré-chrétien où divers groupes sont l'objet de mépris et privés de droits civils. Dans la culture gréco-romaine, on le rencontre dans le mépris pour les peuples considérés barbares. Il en est de même avec les intouchables/dalits sous l'Hindouisme. Et dans l'Islam, c'est le sort inflexible des dhimmis sous la Sharia. Le christianisme rejeta ce principe hiérarchique, mais il faut avouer qu'en Occident, il a fallu des siècles pour que cette influence fît son effet. L'expression la plus radicale de ce rejet de la hiérarchie a été exprimée dans l'épitre aux Galates

Ce rejet de la hiérarchie choquait les oreilles les auditeurs du monde ancien. Celse exprima son mépris des chrétiens sous cette perspective (~178 ap. JC/1965, livre II)

Le principe hiérarchique était a ce point ancré dans le monde ancien qu'il fallait que les apôtres y insistent de manière radicale. Voyez:

Supposez, en effet, qu'il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d'or et un habit magnifique, et qu'il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu; si, tournant vos regards vers celui qui porte l'habit magnifique, vous lui dites: Toi, assieds-toi ici à cette place d'honneur! et si vous dites au pauvre: Toi, tiens-toi là debout! ou bien: Assieds-toi au-dessous de mon marchepied! ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l'inspiration de pensées mauvaises? Ecoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu'ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment? Et vous, vous avilissez le pauvre! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez? Si vous accomplissez la loi royale, selon l'Ecriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. (Jacques 2: 2-9)

Ainsi sous le christianisme, le cri des opprimés peut être entendu. C'est ce détail qui donne prise à l'idéologie de la victime en Occident. Mais s'il a fallu des siècles pour que cette vision fît effet, il a incontestablement contribué à un fait culturel unique, l'abolition de l'esclavage en Occident. Aucun autre système idéologico-religieux y a songé. Dans le monde pré-chrétien, il était considéré le droit incontestable des nations vainqueurs de réduire en esclavage les peuples vaincus. Et il faut considérer que les idéologies issues des Lumières (nazisme et communisme) ont non seulement restauré l'esclavage[13], mais ont poussé plus loin encore avec des massacres de millions tels que l'Holocauste sous Hitler, le Holodomor sous Staline ou le Grand Bond en avant sous Mao en Chine. Comme Lenine aimait dire : On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs...


Revenons à Bruckner

À l'égard de l'idéologie de la décolonisation et le rôle des nations européennes, Bruckner offre des observations utiles sur l'hypocrisie inhérente de ce discours. Selon l'idéologie victimaire il ne peut y avoir qu'un seul oppresseur, un seul coupable (2024 : 181)

Ces œillères que l'on pose sur le regard moral aboutissent à une forme d'hypocrise éthique. Et cette hypocrisie a sa source, non pas dans un soucie de justice, mais dans un motif idéologique, c'est-à-dire chercher (consciemment ou inconsciemment) le discrédit de l'héritage culturel et politique du christianisme en Occident. C'est un fait banal de l'histoire intellectuel de l'Occident que les systèmes idéologico-religieux moderne/Lumières et Postmoderne sont tous les deux des réactions à l'héritage judéo-chrétienne de l'Occident[14].

Notons que dans les dernières pages du livre de Bruckner il explore des cas de victimes d'injustices qui ont surmonté leurs blessures sans jouer la carte de l'idéologie victimaire et faire de leurs blessures, un élément central de leur identité. Bruckner observe (2024 : 274)

À la page suivante, Bruckner relate un beau cas de demande de pardon, offert à un survivant blessé et amer des camps de la mort nazis. Eh oui, dans un monde déchu comme celui-ci, le pardon peut mettre un baume sur les pages les plus noires de notre histoire. Mais pour ce faire, une des parties doit reconnaître ses forfaits, son péché... Pour le chrétien, cela le ramène à l'enseignement de Christ qui nous rappelle que nos péchés, si on les reconnaît et les confesse, sont pardonnés grâce au sacrifice de Christ à la croix. Dès lors, face aux injustices qu'on a subies, les Écritures nous rappellent que ce pardon qu'on a expérimenté, il nous faut la pratiquer à l'égard des autres :

Pascal Bruckner


Références


Bruckner, Pascal (2007) Y a-t-il un fondamentalisme des Lumières ? (Le Meilleur des mondes n°4, été 2007)

Bruckner, Pascal (2009) La tyrannie de la pénitence : Essai sur le masochisme occidental. Le Livre de Poche 251 p.

Bruckner, Pascal (2010) The Tyranny of Guilt: An Essay on Western Masochism, trans. Steven Rendall (Princeton, NJ: Princeton University Press,), 1–4.

Bruckner, Pascal (2024) Je souffre donc je suis: Portrait de la victime en héros. Grasset Paris (coll. Essaii) 318 p.

Celse (~178 ap. JC/1965) Celse contre les chrétiens [Discours véritable], trad. Louis Rougier, éd. Éditions Pauvert

Cross, Jett (2026) Media Starter Pack: Making A Martyr In 7 Easy Steps. (Cypher News – 11/1/2026)

Gosselin, Paul (2009) Éthique et culture religieuse : la nouvelle religion d'État au Québec. (Samizdat - 17/11/2009)

Gosselin, Paul (2024) Une stratégie de manipulation/intimidation postmoderne : la culpabilisation. (Samizdat - 31/7/2024)

Popper, Karl R. (1945/1979) La société ouverte et ses ennemis. v.2 Seuil Paris 254 p.

Whitlock, Jason (2026) Victimhood culture is failing black people — and the NFL. (Blaze News – 5/2/2026)

Wilder-Smith, A.E. & Beate Wilder-Smith (1998) Fulfilled Journey: The Wilder-Smith Memoirs. Word For Today 544 p.



Notes

[1] - Et son mantra : Cogito, ergo sum c'est-à-dire “ Je pense donc je suis ”.

[2] - Et il en est de même à l'égard du nationalisme québécois qui joue invariablement la carte de victime à l'égard du reste du Canada...

[3] - À ce sujet Bruckner observe (2024 : 95)

Bruckner poursuit en notant comment le discours antisioniste tente de s'approprier du statut de victime des Juifs, ce qui nécessite délégitimiser l'État d'Israël en relativisant l'Holocauste (2024 : 107-8) :

[4] - Cela pose la question : Si on devait élaguer du discours féministe le concept de femme victime (dans les rapports hommes/femmes) qu'en resterait-il ?? Peu de choses...

[5] - Bruckner semble sensible à cette question et à l'égard du féminisme, il observe touchant une victoire définitive du féminisme sur le patriarcat (2024 : 170)

Dans cette logique alors, le patriarcat doit être maintenu... Le patriarcat devient donc nécessaire, inévitable. Le féminisme en donc besoin. Pour justifier son état de victime, un oppresseur (même virtuel) est indispensable. À la page 222 Bruckner explore cette logique et examine le terme fasciste. Dans la bouche des progressistes, cela est devenu un mot vide, exprimé par des individus qui ne sauraient même pas expliquer avec quelque précision ce qu'est le fascisme et en quoi ça consiste. Le terme est devenu rien de plus qu'une insulte qu'on lance à la tête d'un adversaire, comme si on le traitait de con. Ça ne signifie rien d'autre que “ Tu dis des choses que je n'aime pas, mais puisque je suis affligé de paresse intellectuelle et n'ai pas d'arguments à répondre, je t'insulte. ”

[6] - Chose curieuse, les AntiFas opèrent justement selon les MÊMES principes que les Chemises brunes (SA) nazies. Évidemment, les Chemises brunes furent les troupes paramilitaires du parti Nazi et ont joué un rôle important dans la montée au pouvoir de ce parti, en particulier en faisant des actes de violence à l'égard des autres partis politiques afin de saper leur influence.

[7] - Et cela explique aussi l'indifférence résolue des nations islamiques au sujet de leur culpabilité de colonisateurs. Discutant de l'histoire France/Algérie, Bruckner souligne le contraste entre l'autoculpabilisation de l'Occident et l'indifférence à ce réflexe ailleurs (2024 : 188)

[8] - Ce qui n'est rien d'autre que la Charia, pour imbéciles...

[9] - Ou Ancien Testament pour les chrétiens...

[10] - Ces Mongols qui avaient l'habitude, lors de leurs guerres de conquête, dans une stratégie d'intimidation, de massacrer toute la population de la première ville qui offrait de les combattre. Cela encourageait la reddition des autres villes non encore conquises... À ce sujet voir la conquête de Bagdad en 1258.

[11] - La question fut tranchée par le prophète Jérémie

Mais Jérémie ne fait que réitérer un concept ancien, apparaissant dans la loi de Moïse :

[12] - Concept exploité à fond aux États-Unis où le souvenir de l'esclavage et du racisme reste imprégné dans la conscience collective américaine.

[13] - Sous la forme des camps de travail ou de rééducation...

[14] - Et le mouvement antisionniste chez les progressistes/postmodernes n'est qu'une expression supplémentaire de cette réaction de rejet...