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Samizdat

Le paléontologue Jack Horner
refuse 10,000$.




Paul Gosselin (2012)

Il y a quelques années la paléontologue américaine Mary Schweitzer avait surpris la communauté scientifique avec la découverte de tissus mous, bien préservés dans des ossements de dinosaures. Évidemment puisque les dinosaures sont censés êtres disparus il y a environ 65 millions d'années, il est manifeste, même pour un enfant de dix ans, que ce genre de découverte « pose problème pour le discours évolutionniste ». Si une telle découverte contredit le mythe d'origines évolutionniste, elle ne surprend en rien les créationnistes jeune terre (les hérétiques...) qui affirment que la Terre a moins de 10 000 ans et que la majorité des strates sédimentaires ont été déposés lors du Déluge de Noé. La découverte de tissues organiques appartenant à des dinosaures est peut être surprenante, mais pas inattendue.

Mais les ennuis des évolutionnistes n'en finissent plus. Voyez la vidéo (en anglais) qui suit. Bob Enyart, un animateur de radio américain, a contacté le renommé paléontologue Jack Horner (qui a servi de consultant scientifique pour le film Jurassic Park) afin de lui proposer de soumettre les tissus mous d'un T-Rex, découvert par Horner, à des tests au Carbone 14. Il faut préciser que le datage au C14 est généralement utilisé pour dater des restes organiques (autrefois vivants comme des ossements ou restes de plantes) sur des sites archéologiques, car la demi-vie du C14 est courte, ce qui limite cette méthode à des objets ayant moins de 50 000 ans[1].

Le hic c'est que les créationnistes se sont mis à soumettre des trucs comme des diamants (du carbone pur) à des labos reconnus afin d'obtenir leur datage au C14 (entre autres, le projet RATE organisé par le Institute for Creation Research). Normalement l’on considère que les diamants ont été formés sous la terre il y a des millions d'années et à cause de leur dureté, il ne peuvent avoir été contaminés par du C14 dans l'environmment. Apriori donc ils ne devraient comporter AUCUN résidu de C14. Mais ce qui est étonnant c'est que les tests ont effectivement retournés des quantités détectables de C14, au-dessus de la marge d'erreur des appareils de mesure. Cela implique que ces diamants ont été formés il y a moins de 50 000 ans…

Évidemment M. Horner est tout à fait au courant du problème que pose le radiodatage de fossiles dinosaures (qui sont censés avoir des millions d’années). La conversation (en anglais) que propose le vidéo ci-dessous est très instructive, car lorsqu'on lui propose un chèque de 10,000$ en plus de payer toutes les dépenses liées à un tel test, il est clair que ce n'est pas la science pure qui intéresse M. Horner ici, mais les retombées idéologiques pour le mythe d'origines dont il est un des apôtres dans notre génération.


Radio Host Bob Enyart offers $10,000 (plus expenses) to Jack Horner if he'll submit T-rex soft tissue for C14 dating.

En écoutant cette conversation téléphonique (pas de vidéo) il est clair que Horner refuse de faire ce test, non pas pour des motifs financiers ou scientifiques, mais plutôt parce qu’il redoute le fait que les résultats d’un tel test pourraient brutalement contredire sa propre théorie (et aider la cause des hérétiques). Mais le cas de Horner n'est pas unique, car on rencontre des attitudes semblables dans le monde francophone. Par exemple, dans la revue Sciences et Avenir hors série no. 134 on a affirmé au sujet de l'origine de la vie (2003: 8-9)

Il reste beaucoup d'énigmes dans notre compréhension de la vie. Par exemple, nous avons peu de lumières sur la façon dont se forment les espèces. Nous ignorons encore le rôle de certains composants de la cellule vivante. Bref, l'histoire n'est pas finie! Ce qui est exclu, c'est que la théorie darwinienne soit abandonnée.

Et si la propagande des Lumières nous présente le scientifique comme un être objectif, sans préjugés, examinant TOUTES les hypothèses, la réalité est tout autre. Manifestement, lorsqu’il est question des présupposés au coeur du système de croyances moderne, c’est le dogme avant tout.

Il y a tout de même une chose étonnante dans la réaction de Horner, car il avait sous la main une réponse assez facile que les évolutionnistes exploitent parfois dans de telles situations, c’est-à-dire évoquer la « contamination ». Qu’en est-il au juste ? Et bien comme c'est le cas de bon nombre d’artefacts d’origine organiques, les os de dinosaures ne sont pas parfaitement étanches et de ce fait peuvent être contaminés par exemple par des sels minéraux dissous dans l’eau imprègnant les strates de roche qui les entourent avant leur découverte et excavation par l’homme. De ce fait il en résulte que même si le fossile en question aurait , disons, véritablement 80 millions d’années, il est fort possible qu’au cours des derniers 50 000 ans que l’échantillon en question ai pu être contaminé par du C14 plus récent circulant dans son environnement. Ainsi Horner aurait très bien pu accepter le chèque de $10 000 et garder cet argument en réserve si jamais le datage au carbone 14 avait détecté des traces mesurables de C14.

Mais Horner semble avoir rejeté cette option et il se peut que cela soit dû au fait qu’une fois évoqué l’argument de la « contamination » dans ce cas précis, il faudra se demander si la question se poserait également pour le datage au radiocarbone qui se fait dans tous les sites archéologiques du monde où cette méthode est si largement utilisée ? Après tout, les labos réalisant les tests de datage font payer des frais de « décontamination » sur les échantillons soumis, mais si dans les faits ils sont incapables d’éliminer ce facteur alors TOUTES les dates obtenues par le C14 qui seront remises en question ! Ce n’est pas une mince affaire…

Les enjeux...
Certains lecteurs penseront peut-être : « Bof, quelques milliers (ou millions) d'années de plus ou moins, qu'est-ce que ça peut bien faire ? Qu'est-ce que ça change ? Pourquoi s'engueuller pour quelques ossements? » Il y a de bonne raisons de croire que M. Horner en tout cas le sait très bien, mais voyons un moment les choses en prenant beaucoup de recul. Comme je le souligne dans Fuite de l'Absolu, chaque civilisation (et le savoir qui en découle) s'enracine dans et s'érige sur un système de croyances et dans une cosmologie, c'est-à-dire dans une explication de l'origine de toutes choses.

En Occident, deux récits (ou explications) des origines s'affrontent et chacun propose des mécanismes et un scénario qui lui sont propres. Dans le cas du récit de la Genèse, on nous propose une explication centrée sur l'existence d'un Agent super-intelligent et super-puissant, créant des mondes, un univers et une biosphère simplement au moyen de sa Parole prononcée. Sur le plan logique évidemment, rien ne s'oppose à ce qu'un Être omniscient et omnipuissant puisse créer tout cela, sans se fatiguer, dans une heure ou dans une semaine. Le temps n'a pas d'importance dans ce cadre. Évidemment si l'existence de cet Être est remise en question alors l'explication proposée par la Genèse ne tiendra plus la route, car tout dépend de Lui. Sans Lui, l'explication est donc nulle et non avenue.

Dans le cadre du récit évolutionniste[2], le mécanisme explicatif est plus complexe et dépends, dans le cas du néo-darwinisme qui en est la version dominante dans notre génération, de plusieurs éléments interreliés et interdépendants. Une fois franchi l'étape initiale de l'apparition de la première cellule capable de s'auto-reproduire, le récit évolutionniste propose trois éléments explicatifs. Il s'agit de 1) les mutations, 2) la sélection naturelle (éliminant les organismes non adaptés) et 3) un cadre temporelle de l'ordre de milliards d'années.

Comme Dieu dans l'explication proposée par la Genèse, le temps est un facteur indispensable, la clé de voûte de l'édifice évolutionniste. Si on l'élimine, toute l'explication évolutionniste se voit réduit au statut de fable risible pour la simple raison que puisque le processus évolutif est non-dirigé (ou bête) il en résulte qu'un cadre temporel quasi-infini est indispensable afin d'accomplir quoique ce soit. Si on rejette ce cadre, alors tout le reste s'effondre. Ainsi, tout le débat autour de l'âge de la Terre (et des artefacts qu'elle contient) est lié à cette question cosmologique plus large. Ainsi, les enjeux sont donc très importants, comme en témoigne les réactions émotives très fortes des croyants face à l'échange entre Enyart et Horner (voir la page YouTube originale à ce sujet).


[la voix de l’hypnotiseur] : Maintenant vous allez oublier tout ce que vous venez de lire. Vous n’avez plus aucun intérêt à fouiller plus loin ces questions. Vous m’entendez ? C’est d’accord ?
[le sujet] : Je vous entends. Oui, c’est d’accord.
[la voix de l’hypnotiseur] : Répétez après moi, tout va bien. L’évolution est une théorie scientifique prouvée.
[le sujet] : Répétez après moi, tout va bien. La théorie de l’évolution est une théorie scientifique prouvée.
[la voix de l’hypnotiseur] : [M’enfin…] Et toutes les données scientifiques l’appuient.
[le sujet] : Euh… Et toutes les données scientifiques l’appuient.
[la voix de l’hypnotiseur] : L’évolution est une loi fondamentale, au même titre que la gravité.
[le sujet] : L’évolution est une loi fondamentale, au même titre que la gravité
[la voix de l’hypnotiseur] : Et en tant que scientifique il serait mieux pour moi (et pour ma carrière) d'oublier toutes ces questions.
[le sujet] : En tant que scientifique il serait mieux pour moi (et pour ma carrière) de tout oublier..

CLICK !

[la voix de l’hypnotiseur] : Vous pouvez vous réveiller maintenant. Ça va bien ?
[le sujet] : Ah oui, je me sens tout léger, sans le moindre souci. Et vous, qui êtes vous ?
[la voix de l’hypnotiseur] : On ne s’est jamais vus…

 


Notes

[1]- Les méthodes de radiodatage (comme le datage au C14) comportent au moins trois présupposés dont on ne discute jamais en public.

1) les produits de fin de réaction n’étaient pas présents au début du processus (dans le cas du C14, à la mort de l’organisme)
2) le processus de désintégration radioactive est resté constant pendant des milliards d'années (ou milliers d’années dans le cas du C14)
3) l’échantillon soumis au datage n’a pas été contaminé pendant les millions (ou milliers) d’années, sinon on prétendra disposer de méthodes pouvant éliminer ce facteur

[2] - Évidemment, affirmer que la science implique l'invention de récits narratifs (plutôt que s'en tenir aux observations empiriques) est généralement considéré d'une impolitesse extrême, si ce n'est une forme d'hérésie, mais voyons un aveu exceptionnel de la part du biologiste prestigieux, Ernst Mayr (1997: 11):

Les biologistes doivent étudier tous les faits connus en rapport avec un problème particulier, ils doivent inférer toutes les conséquences possibles d'une constellation de facteurs reconstruits et essaient alors de construire un scénario permettant d'expliquer les faits observés de ce cas particulier. Autrement dit, ils érigent une narration historique.
Puisque cette approche diffère de manière si fondamentale des explications cause - effet, les philosophes de la science classique - venant de la logique, des mathématiques, ou des sciences physiques – la considèrent inadmissible. Cependant, des auteurs récents ont réfuté vigoureusement l'étroitesse de la perspective classique et ont démontré non seulement que l'approche historico-narrative est valable, mais encore qu'elle est peut-être la seule approche valable sur le plan scientifique et philosophique pour l'explication d'événements uniques. Bien sûr, prouver de manière catégorique qu'une narration historique est vraie n'est jamais possible.*


Références

Anonyme (2003) compte rendu: La théorie de l'évolution est-elle en crise ? Sciences et Avenir hors série no. 134, : 8-9

Baumgardner, J. R. , (2005) "14C Evidence for a Recent Global Flood and a Young Earth,” in L. Vardiman, A. A. Snelling, and E. F. Chaffin (Eds.), Radioisotopes and the Age of the Earth, Vol. 2: Results of a Young-earth Creationist Research Initiative, (El Cajon, California: Institute for Creation Research and Chino Valley, Arizona: Creation Research Society, ), pp. 587–630.

Fields, Helen (2006) Dinosaur Shocker : Probing a 68-million-year-old T. rex, Mary Schweitzer stumbled upon astonishing signs of life that may radically change our view of the beasts that once ruled the earth. Smithsonian magazine, May

Gosselin, Paul (1979) Mythes d'origines et théorie de l'évolution. Samizdat

Mayr, Ernst (1997) Interview. Natural History May vol. 106 no. 4 pp. 8-11.

Ross, Marcus (2009) Two: Those Not-So-Dry Bones : Soft Tissue in a T. Rex Fossil?
Answers in Genesis

Snelling, Andrew (2007) Radiocarbon in Diamonds Confirmed. November 7 Answers in Genesis

Vardiman, Larry; Snelling Andrew A. & Chaffin, Eugene éditeurs (2000) Radioisotopes and the Age of the Earth (RATE): A Young-Earth Creationist Research Initiative. (PDF format 2.8Mb)
Institute for Creation Research & Creation Research Society 676p.

Wieland, Carl (2005) Still soft and stretchy : Dinosaur soft tissue find—a stunning rebuttal of ‘millions of years’. CMI 25 March

Wieland, Carl (2003) RATE group reveals exciting breakthroughs! Cooperation (and quality control) brings results CMI August

Yeoman, Barry (2006) Schweitzer's Dangerous Discovery : When this shy paleontologist found soft, fresh-looking tissue inside a T.rex femur, she erased a line between past and present. Then all hell broke loose. Discover mag April 27,

Jack Horner (Wiki)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Horner

Mary Schweitzer (wiki)