Paul Gosselin (18/10/2026)
Voici un documentaire sur une jeune génération d'évangéliques Québécois par un journaliste (étatique)[1], Québécois Clément Hamelin.
Comme on le voit dans ce documentaire, ces évangéliques chrétiens sont “inclusifs" (avec Québécois, Africains, Asiatiques, etc.) Y'a de quoi ÉNERVER les élites qui cherchent une occasion pour salir et discréditer les chrétiens... Il ne faut pas s'étonner que le phénomène des jeunes Québécois qui crient à Jésus énerve nos élites, car malgré leur monopole idéologique dans le système d'éducation québécoise, ces jeunes les échappent.
Hamelin cherche donc (très méthodiquement) de la merde, des trucs qui pourraient discréditer les évangéliques aux yeux des autres québécois... Le ton est toujours condescendant. Eh oui, ces chrétiens qui pourraient potentiellement remettre en question le monopole idéologique de nos élites... ET ça les inquiète énormément qu'ils perdent un peu de leur contrôle sur la génération qui monte... Et c'est ÇA qui motive ce documentaire... Le but est donc d'immuniser la population contre une telle contagion...
Tout au cours des interviews, on voit le journaliste qui porte toute son attention sur des questions qui manifestement l'ÉNERVENT. Par ce biais, involontairement il expose ses propres convictions et les concepts qui LUI semblent fondamentaux. Manifestement le concept de l'Enfer (quand on en parle OUVERTEMENT) tape sur les nerfs d'Hamelin (mais aussi à bien des pasteurs dans les églises évangéliques...). Vers 22 minutes, dans son interview avec l'évangéliste de rue Thien Le Minh, Hamelin laisse entendre que Dieu serait “égoïste” en envoyant des gens en enfer. Mais regarde la face d'Hamelin ver 23 minutes lorsque Le Minh lui dit qu'il va en Enfer. On dirait qu'il fait une réflexion sérieuse...
En effet, s'il y a un concept dans le Nouveau Testament que DÉTESTE de manière absolue notre génération postmoderne, c'est bien le concept du Jugement (et de l'Enfer).
Il y a un ÉNORME obstacle à l'Évangile dans cette génération, soit l'idéologie postmoderne qui affirme que "Chacun a sa vérité". Et de ce fait, dès qu'un prédicateur parle sérieusement de péché (disons un péché spécifique dans la vie de la personne en face de soi), les gens sautent au plafond et disent "Qui es-tu pour me JUGER??"!!! Voici un exemple assez typique. Il s'agit du cas du pasteur noir David Lynn. Le truc c'est qu'il a osé faire de la prédication de rue dans un quartier gai de Toronto en 2019. En peu de temps il s'est VITE retrouvé entouré de protestataires et, peu de temps après, arrêté par la police pour avoir simplement prêché l'Évangile.
Eh oui, les élites postmodernes détestent de manière ABSOLUE le concept de jugement, c'est-à-dire le fait qu'ils ont des comptes à rendre devant Quelqu'un au sujet de leurs attitudes, croyances, comportements et vie sexuelle...
Mais bon, pensez à ceci. Supposons qu'on embarque dans le paradis postmoderne que propose (plus ou moins subliminalement) Hamelin, un “paradis pour tous” (sans jugement), alors dans la vie prochaine, plus de mort, plus de maladie, plus de guerres, plus de catastrophes naturelles, etc... Le paradis pour TOUT le monde... Parfait. Mais très peu de gens pensent aux conséquences d'un tel concept du “paradis”, car si tous vont au paradis, alors il sera alors tout à fait possible que votre voisin d'à côté ce soit Hitler et de l'autre côté Staline et de l'autre côté le violeur du quartier. Et alors tous ces gens auront l'ÉTERNITÉ pour raffiner leur méchanceté, leurs perversions et leur égoïsme... Ça ne prend pas un doctorat en théologie ou philosophie pour deviner que, sans jugement, alors ce “paradis” deviendra très vite un Enfer... C'est là qu'abouti, le paradis sans jugement des postmodernes (et des pasteurs évangéliques qui ne parlent jamais de jugement). Alors logiquement le Jugement dernier et l'Enfer doivent exister sinon pas de Paradis. Plusieurs feront alors une petite clause, le jugement pour Hitler ou Staline (ou votre politicien corrompu favori)? Pourquoi pas, mais moi je suis “une bonne personne”... Mais la Bible dit que si Dieu juge, il ne fait pas de favoris, il n'accepte pas d'enveloppes brunes, tous doivent y passer sans exception, hommes et femmes. Inévitablement la question se pose: Et moi?
Mais Dieu nous propose une porte de sortie à notre dilemme, c'est-à-dire faire porter le jugement que mérite nos péchés sur son Fils. Et par ce moyen, on peut à nouveau accéder à la relation perdue avec notre Créateur et au Jardin. Mais auparavant, comme le fils prodigue de la parabole, nous devons accepter de nous humilier et reconnaître la justice de Dieu ainsi que notre péché personnel. C'est également ce qu'a fait le bon larron sur la croix à côté de Jésus (Luc 23 : 39-43). C'est à partir de ce point que Dieu nous propose une nouvelle vie, en réconciliation avec les hommes et Dieu, et après la mort, avec l'espoir (non factice) d'un monde vraiment meilleur et non pas un fake-paradis postmoderne.
Mais comme toutes les élites postmodernes, il est trop hypocrite pour exposer son credo, ses convictions fondamentales. Car jouer cartes sur table démolirait le mythe de sa “neutralité journalistique” (et celle de “l'État laïque Québécois“). Où est ta “vérité” Clément Hamelin???? Mais bon, il y a des interviewés qui donnent une réplique solide à Hamelin. Et comme le veut la tradition journalistique, si des commentaires ou observations des interviewés sont trop bons ou trop dérangeants, on les exclut du produit fini.
Dans son documentaire Hamelin fait très attention de parler d'influenceurs, d'évangéliques et de ‘religion', mais PAS de JÉSUS... Le journaliste joue sur la psychologisation comme “explication” des conversions, car évidemment pour lui ça ne peut PAS être vrai... Ça ne peut pas parler directement à Hamelin lui-même ou encore tout Québécois brainwashé par le système d'éducation... Le journaliste cherche donc (pas très subtilement) à “immuniser” son auditoire contre le message de l'Évangile. Le journaliste (avec l'aide des psys) laisse entendre que l'Évangile est pour les faibles, les déréglés émotivement ou psychologiquement... Si on laisse entendre que les convertis sont des faibles et que les évangéliques manipulent la vulnérabilité des jeunes, on ne parle PAS comment le système d'éducation au Québec manipule la vulnérabilité des jeunes (pour les pousser vers une identité LGB ou trans). Pas un mot... Et on ne parle pas comment ce système d'éducation au Québec produit une population avec les plus hauts taux de suicides au monde... Pas un mot... Ce sont des questions que Hamelin et nos élites ne veulent pas entendre.
30 minutes, on aborde la soumission de la femme ce que l'on laisse entendre = obscurité intellectuelle ?? -> Proverbes 31...
Emmanuel Ouellet retourne la question blabla du journaliste (52 minutes) question piège sur les thérapies de conversion. Ouellet rejette l'invitation au diner de cons. Autre question piège d'Hamelin : « Acceptes-tu que sur certaines questions tu te trompes ? » Mais m. Hamelin, pose-toi la même question... Encore, Ouellet s'en sort bien.
Et dans l'interview avec André Lefebvre, Hamelin, pose encore la question piège (42 :30 minutes) sur les thérapies de conversion. Hamelin sait très bien que dans le contexte actuel au Canada cette question peut aboutir à des accusations criminelles. Il ne pose pas cette question au hasard. Puisque Hamelin aime les questions piège, il demande aussi si Lefebvre a eu du plaisir en tant qu'homosexuel (43 : 27). Lefebvre aurait pu répliquer : “ Mais si la question t'intéresse à ce point, se peut-il justement que tu sois homosexuel ? ”
La psy, Catherine Raymond (52 minutes), laisse entendre que la foi chrétienne c'est une abdication des choix qu'on doit faire dans sa vie, c'est donc une perte d'indépendance. Puisque Hamelin avoue être athée, et que Catherine Raymond est son experte invitée, on peut déduire qu'elle aussi est athée, sinon agnostique. En le supposant, j'aurais une question pour Catherine Raymond au sujet d'un penseur important dans le courant du Siècle des Lumières auquel elle s'identifie. Il s'agit de Donatien Alphonse François de Sade ou plus communément, le Marquis de Sade (1740-1814).
Chose curieuse, Sade est un des premiers penseurs francophones à toucher la question du problème du vide éthique/moral sous la cosmologie matérialiste issue des Lumières (système de croyances auquel adhèrent Hamelin et Raymond). Mais il ne faut pas trop s'étonner que Sade aborde la question vide éthique du matérialisme en lien avec ses préoccupations habituelles, c'est-à-dire le sexe. Dans sa Philosophie dans le boudoir, de Sade affirmait (1795/1972 : 112)
"S'il devient donc incontestable que nous [les hommes] avons reçu de la nature le droit d'exprimer nos vœux indifféremment à toutes les femmes, il le devient de même que nous avons celui de l'obliger de se soumettre à nos vœux, non pas exclusivement, je me contrarierais, mais momentanément. Il est incontestable que nous avons le droit d'établir des lois qui la contraignent de céder aux feux de celui qui la désire; la violence même étant un des effets de ce droit, nous pouvons l'employer légalement. Eh ! la nature n'a-t-elle pas prouvé que nous avions ce droit, en nous départissant la force nécessaire à les soumettre [les femmes] à nos désirs ?"
On pourrait donc demander à Raymond, puisqu'elle partage le matérialisme de De Sade, si elle acceptait ou rejetait cette affirmation de De Sade au sujet des rapports hommes-femmes, c'est-à-dire que puisque la nature a fait l'homme (généralement) plus fort que la femme alors cela donne le droit à l'homme de faire TOUT ce qu'il veut à la femme. Mais si Raymond rejetait l'affirmation de Sade, on pourrait exiger d'elle qu'elle explique (question de logique...) sur quelle BASE elle rejette cette affirmation. Au nom de quoi rejetterais-t-elle, l'affirmation de De Sade ?? Tu ne peux t'appuyer sur le mythe d'origines matérialiste (aussi connu comme la Théorie de l'Évolution) et même temps emprunter des principes éthiques tirés du système judéo-chrétien. On appelle ça tricher.
Si tu persistes sur une telle route, Mlle Raymond tu t'attires le mépris bien mérité d'un philosophe de ta propre tradition idéologique, soit Friedrich Nietzsche. Nietzsche a très bien compris ce problème et méprisait ouvertement l'incohérence de nombreux dévots des Lumières jouant de petits jeux marketing hypocrites en se donnant une image morale, mais tout en empruntant (sans l'admettre) des principes moraux du christianisme, principes moraux sans justification et sans fondement logique dans un cadre conceptuel matérialiste. Nietzsche observa (1899/1970: 78-79):
Ils se sont débarrassés du Dieu chrétien et ils croient maintenant, avec plus de raison encore devoir retenir la morale chrétienne. C'est là une déduction anglaise, nous ne voulons pas en blâmer les femelles morales à la Eliot. En Angleterre, pour la moindre petite émancipation de la théologie, il faut se remettre en honneur, jusqu'à inspirer l'épouvante, comme fanatique de la morale. C'est là-bas une façon de faire pénitence. Pour nous autres, il en est autrement. Si l'on renonce à la foi chrétienne, on s'enlève du même coup le droit à la morale chrétienne. (...) Si les Anglais croient en effet savoir par eux-mêmes, “ intuitivement ” ce qui est bien et mal, s'ils se figurent, par conséquent, ne pas avoir besoin du christianisme comme garantie de la morale, cela n'est en soi-même que la conséquence de la souveraineté de l'évolution chrétienne et une expression de la force et de la profondeur de cette souveraineté: en sorte que l'origine de la morale anglaise a été oubliée, en sorte que l'extrême dépendance de son droit à exister n'est plus ressentie. Pour l'Anglais, la Morale n'est pas encore un problème.
Les ex-évangéliques (45 :21)
Réaction forte au jugement, ce qui doit plaire à Hamelin. Il faut prendre conscience que ce concept biblique du jugement est considéré hérétique par les postmodernes, qui n'admettent AUCUNE autorité morale au-dessus de l'individu. Le problème sérieux des évangéliques occidentaux c'est que de manière très large (avec quelques rares exceptions), plutôt que contester le rejet du jugement des postmodernes (système de croyances dominant en Occident), ils ont l'ont hypocritement endossé. La pression culturelle est FORTE. Parler sérieusement de la nécessité pratique et concret de la repentance est devenu tabou. Un très grand nombre de théologiens et pasteurs ont cédé le point et font toutes sortes de discours théologiques oiseuses pour défendre leur silence sur la question.
Il est ironique qu'une des ex-évangéliques interviewées par Hamelin avoue (47: 30) être en contact avec plusieurs personnes dé-convertis de groupes religieux minoritaires, qui sont en perte de sens. Mais si on rejette l'autorité de la Parole, il ne faut pas s'en étonner. Là on se retouve exactement dans le même bain que les athées comme Hamelin. On évoque des apports sociaux positifs de la foi évangélique, mais les ex-évangéliques ne discutent pas de Vérité... Une des interviewés insiste qu'il faut garder sa liberté de pensée pour faire ce qui te semble bon dans ta vie. Mais bon, qu'en dirait le Marquis de Sade, ou Hilter ou Mao, ou Pol Pot ??? Chacun a sa Vérité ???
Il est ironique que Hamelin note en conclusion que les évangéliques rejettent ouvertement la conversion forcée[2]. Ils insistent que l'individu doit faire SON choix. L'ironie c'est que l'État québécois n'hésite pas depuis 2008 d'exploiter le système scolaire pour imposer son catéchisme postmoderne, le cours d'Éthique et culture religieuse[3] imposé de force et contre la volonté de bien des parents québécois sur tout le système scolaire au Québec, même les écoles dites privées... C'est comme ça se comporte un régime totalitaire.
En passant, m. Hamelin, je te recommande fortement ne jamais tenter produire un documentaire comparable (et sur le même ton) sur les milieux musulmans. Si j'ai tu caressait un tel projet, assure toi d'abord de demander conseil à Salman Rushdie ou les journalistes de Charlie-Hebdo pour voir ce qu'ils en pensent. Pour ta sécurité, vaut mieux garde les évangéliques comme cible, car avec eux on peut leur critiquer tant qu'on veut sans problème.
Gosselin, Paul (2009) Éthique et culture religieuse: la nouvelle religion d'État au Québec. (Samizdat)
Gosselin, Paul (2017) L'Allemagne Nazi et le Québec de 2017 : convergences et divergences (un regard au-delà du mirage postmoderne). (Samizdat)
Nietzsche, Friedrich (1899/1970) Crépuscule des idoles; suivi de Le cas Wagner. (trad. d'Henri et, al. Médiations ; 68) Denoël Gonthier Paris 190 p.
Sade, Marquis de; Blanchot, Maurice (1795/1972) Français, encore un effort si vous voulez être républicains. (extrait de "La Philosophie dans le boudoir") précédé de L'inconvenance majeure. Jean-Jacques Pauvert Paris (coll. Libertés nouvelles; 23) 163 p.
Police handcuff and arrest black pastor for preaching plain gospel message. (Blog Winter Knight)
En prison à cause de son nom ! Entrevue avec le Pasteur David Lynn. (TheoVox - 2021)
[1] - QUI a financé cette enquête/documentaire de Hamelin ? Évidemment un tel documentaire sert des intérêts idéologiques particuliers. En effet, c'est produit par Télé-Québec. À la fin, on signale qu'il a bénéficié du fric de l'État Québécois et Canadien. Mais à la fin, il se peut que ce soit simplement un projet initié par les francs-maçons, mais réalisé avec nos taxes. Pourquoi pas?? Mais ignorez cette suggestion et quand j'aurai claqué mes doigts, vous l'aurez complètement oublié...
[2] - Ce qui réfute le motif de ses questions sur les thérapies de conversion. Par contre l'État Québécois si hypocrite ne se gêne d'aucune manière d'imposer ces thérapies de conversion en manipulant les enfants vulnérables, cherchant ouvertement à influencer leur identité sexuelle. Mais on appelle ça l'éducation sexuelle...
[3] - Cours qu'on a ré-étiquété, Culture et citoyenneté québécoise. Évidemment pas de changement substantiel de contenu.