"Dissimulée ou affichée, il y a une épée entre les sexes, jusqu'à ce qu'un véritable mariage les réconcilie. C'est de l'arrogance de notre part de qualifier de « masculines » la franchise, l'équité, la chevalerie, quand nous les trouvons chez une femme; et c'est arrogance de leur part de qualifier de « féminine » chez un homme la sensibilité, le tact, ou la tendresse. Mais aussi, la plupart des hommes et des femmes doivent être de bien pauvres fragments tordus d'humanité pour faire en sorte que ces insinuations arrogantes soient plausibles. Le mariage y apporte remède. La combinaison des deux les rend l'un et l'autre totalement humains. «Il les créa à son image» C'est ainsi que, paradoxalement, ce festival de sexualité nous conduit à dépasser nos sexes respectifs."
(pp. 82-83 CS Lewis: Apprendre la mort. Paris : Éditions du Cerf 1974 124 p.)
"... elle avait conçu ce monde comme " spirituel " au sens négatif - comme un vide neutre ou démocratique où les différences disparaissaient, où le sexe et les sens étaient non pas transcendés, mais simplement retirés. Maintenant pointait le soupçon que, au cours de la montée, on pouvait rencontrer des différences et des contrastes plus riches, plus marqués, et même plus violents, à chaque échelon de l'ascension. Qu'arriverait-il si cette invasion de son être dans le mariage devant laquelle elle avait toujours reculé, souvent malgré les sollicitations mêmes de l'instinct, n'était pas, comme elle I'avait supposé, la simple survivance d'une vie animale ou d'une barbarie patriarcale, mais bien plutôt la forme première la plus basse, et la plus facile d'un contact traumatisant avec la réalité qui devait se répéter - mais selon des modes plus forts et plus inquiétants - aux niveaux les plus élevés ?
- Oui, dit le Directeur, il n'y a pas de fuite possible. S'il s'agissait du rejet virginal du mâle, Il le permettrait. De telles âmes peuvent éviter le mâle et aller à la rencontre de quelque chose de beaucoup plus masculin, plus haut, auquel elles doivent pourtant faire une reddition bien plus profonde. Mais votre désordre est ce que les poètes anciens ont appelé "Daungier " et que nous, nous appelons orgueil. Vous étes offensée par le masculin en tant que tel: la chose véhémente, irruptive, possessive - le lion d'or, le taureau barbu - qui brise les barrières et disperse le petit royaume de votre formalisme comme les nains ont détruit la belle ordonnance du lit. Au mâle, vous auriez pu échapper, car il existe seulement au niveau biologique. Mais au masculin, aucun de nous ne peut y échapper. Tout ce qui est au-dessus et au-delà de toutes choses est si masculin que nous sommes tous féminins par rapport à lui.
" (CS Lewis: Cette hideuse puissance (La trilogie cosmique). Lausanne : L'Âge d'homme, . 1946/1997 pp. 555-556)
(paraphrase non-autorisée) Les femmes ont besoin d'être dérangées et les hommes sont tout à fait disposés à le faire. Les hommes n'ont pas besoin d'être dérangés, car ils le sont déjà...